Blogs

Wonder Woman, le féminisme iconisé

1
1

Rey, Furiosa, Maléfique, Jyn Erso… A l’heure où les blockbusters semblent enfin s’être décidés à rentrer dans le XXIème siècle en offrant des personnages principaux féminins forts, le pays des super héros restait tristement masculin jusque là. Marvel ne livrant son premier lead féminin qu’en 2019 avec Captain Marvel, c’est donc à Wonder Woman que revient la lourde tâche d’ouvrir le bal des super bastonneuses . Et autant vous dire qu’elle ne déçoit pas !

Synopsis : Diana, princesse des Amazones, a grandit sur une île isolée du monde des Hommes, à suivre un entrainement acharné pour vaincre un jour Arès, Dieu de la guerre. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’Arès se cache derrière les méfaits des nazis.

Wonder Woman origins

Impossible de ne pas penser à l’excellent premier Captain America devant ce film. Une super héroïne découvrant ses pouvoirs en affrontant les nazis, la candeur d’une idéaliste confrontée à la triste réalité de la guerre des Hommes. Les points communs sont nombreux. Plutôt logique quand on sait que Diana Prince, comme Steve Rogers a commencé sa carrière dans les Comics pendant la seconde guerre. Le bonus non négligeable ici, qui fait toute l’originalité du film,  est que ce décalage innocence/réalité s’applique aussi à la condition féminine. Une déesse Amazone guerrière débarquant en pleine société patriarcale des années 40, voilà qui n’est pas sans créer de nombreux clins d’œil humoristiques et des piques bien senties à notre société actuelle qui n’a malheureusement pas beaucoup changée depuis 70 ans.

Image 1 Warner bros tout droits réservés

© Warner Bros.

Iconisation maximale

Une des difficultés du film de super héros est de rendre au personnage la dimension iconique qu’il avait dans les planches de dessins originales. La mission est pourtant plus qu’accomplie ici par Patty Jenkins. D’amazones virevoltantes en envols tout bouclier dehors, on a très souvent envie de se lever pour applaudir cette guerrière tellement classe. Le tout se fait en plus dans un parfait équilibre entre fun et réflexion plus profonde sur la place de l’héroïne dans notre monde. Certes cela se fait au prix de ralentis un peu trop poussifs, et des filtres bleus si chers aux DC comics movies mais force est de constater que ça a une sacrée allure ! Le seul vrai point négatif sera un affrontement final visuellement illisible avec un méchant pas vraiment à la hauteur. Mais on s’amuse tellement le reste du temps, qu’on pardonne à Jenkins ces quelques imperfections.

Image 2 Warner bros tout droits résérvés

© Warner Bros.

Wonder Gadot

N’y allons pas par quatre chemins, Gal Gadot est faite pour le rôle. Elle qui volait la vedette à Ben Affleck et Henry Cavill en seulement en 10 minutes de Batman Vs Superman, elle irradie de  nouveau l’écran. Belle, drôle, cogneuse, fragile, elle dégage la force, l’innocence et la rébellion que demandait le personnage. Toute résistance est donc futile, vous l’adorerez. Chris Pine quant à lui remplit comme il faut son rôle de héros masculin, sachant s’effacer derrière sa majesté Gadot, mais aussi être drôle quand il faut. Le reste du casting réservera quelques bonnes surprises, comme Robin Wright, Ewen Bremner, notre Spud adoré dans Trainspotting , ou encore David Thewlis bien connu des fans d’Harry Potter. Bref niveau distribution, on est plutôt bien servis.

© Warner Bros.

Wonder woman, malgré quelques défauts issus du cahier des charges de super héros, est sans aucun doute le comic book movie le plus rafraîchissant qu’on ait vu depuis des années. Avec humour et vigueur il joue autant la carte du fun que celle du féminisme, le tout dans une iconisation jouissive de son héroïne. Enthousiasmant et nécessaire.

Par @ChroniquesCanap

SignatureWLC_Quentin_Durand