Blogs

Vincent Lacoste, un jeune acteur devenu grand

0
0

Après l’immense accueil de 120 battements par minute (Robin Campillo) l’année dernière, le Festival de Cannes 2018 accueillera en compétition officielle Plaire, aimer et courir vite de Christophe Honoré. Le réalisateur revient dans les années 90 en racontant l’histoire d’un étudiant breton qui tombe amoureux d’un écrivain parisien condamné par le Sida. Pour incarner cette idylle dramatique, le cinéaste fait appel aux comédiens Pierre Deladonchamps et Vincent Lacoste. Enfant de Cannes avec le film Les Beaux Gosses (Riad Sattouf), le jeune adolescent a bien grandi depuis ses débuts en optant pour une carrière cinématographique aussi éclectique que qualitative. Retour sur le parcours exceptionnel de Vincent Lacoste.

Cover

© Jean-Louis Fernandez / LFP- Les Films Pelléas – Gaumont – France 3

 De la comédie au drame

Alors que Vincent Lacoste est en pleine préparation de son brevet des collèges, la production du film Les Beaux Gosses lui propose de passer le casting pour le rôle titre. L’étudiant n’a alors aucune envie d’y aller. Pourtant, c’est ce côté irrévérencieux qui va plaire au réalisateur. Riad Sattouf porte ainsi son choix sur cet adolescent qui n’a pas de rêve de cinéma. L’acteur ne connaît pas encore l’ampleur de la machine du 7ème Art. Il agit d’ailleurs avec l’insouciance de son personnage en se blessant par exemple à l’occasion d’un concert de rock quelques jours avant le début de tournage, compromettant le planning de production. Vincent Lacoste est ce gamin « attachiant » qu’on a autant envie d’aimer que de baffer. Le film est sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs où il obtient un accueil triomphal, tant critique que public. Il propulse le comédien au rang de jeune espoir du cinéma français avec notamment une nomination aux César en 2010 et l’obtention du Prix Lumière cette même année, récompense prestigieuse pour les jeunes révélations du cinéma.

Photo 1

© Pathé Distribution

Une fois mis en lumière, Vincent Lacoste devient le chouchou de la profession. Il enchaîne ainsi plusieurs comédies, telles que Low Cost (Maurice Barthélemy), Le Skylab (Julie Delpy) ou encore Astérix et Obélix : Au service de sa majesté (Laurent Tirard). Il reste néanmoins fidèle à ses « parrains de profession » en tournant à nouveau avec Riad Sattouf dans la comédie satirique Jacky au Royaume des Filles et dans le film Camille redouble de Noémie Lvovsky, qui incarnait sa mère dans Les Beaux Gosses. En 2014, un tournant s’opère dans sa carrière avec des rôles plus dramatiques.

De la jeunesse à la maturité

L’incursion de Vincent Lacoste dans l’univers du drame se fait avec le film Eden de Mia Hansen-Løve. Film générationnel sur la montée de la musique électronique, l’œuvre raconte les déboires d’un musicien qui sombre dans les excès de la quête de célébrité. Vincent Lacoste y interprète le second rôle de Thomas Bangalter, l’un des membres du groupe Daft Punk.

 Photo 2

© Le Pacte

C’est grâce au réalisateur Thomas Lilti que la carrière de Vincent Lacoste va faire un vrai bond en avant. Dans Hippocrate, l’acteur montre un nouveau panel de sa personnalité en rentrant dans la peau d’un interne de médecine envoyé dans son premier hôpital. Le film, bientôt adapté en série pour Canal+, permet au comédien des Beaux Gosses d’accéder à une nomination aux César en tant que meilleur acteur. Mieux, il trouve en Thomas Lilti un nouveau mentor et leurs retrouvailles dans Première année le 12 septembre 2018 est d’ores et déjà un événement de cette fin d’année. Lacoste côtoie désormais les plus grands. Il donne la réplique à Léa Seydoux dans Journal d’une femme de chambre (Benoit Jacquot), répond aux bougonneries de Jean-Pierre Bacri dans La vie très privée de Monsieur Sim (Michel Leclerc), partage l’affiche avec Gérard Depardieu et Benoit Poelvoorde dans Saint Amour (Benoît Delépine et Gustave Kervern)…

De retour sur la Croisette en 2016, Vincent Lacoste va jouer avec le conflit générationnel en faisant tomber sous son charme une quarantenaire déboussolée, jouée par Virginie Efira, dans le film  Victoria (Justine Triet). L’œuvre, projetée à la Semaine de la Critique, ébranle encore une fois le Festival de Cannes, à croire que le passage de Vincent Lacoste sur la Croisette est automatiquement synonyme de buzz positif. Il est donc de bonne augure la présentation imminente en Compétition officielle de Plaire, aimer et courir vite, permettant peut-être au jeune acteur de devenir très grand en obtenant un Prix d’interprétation masculine ?

Par @Antoine_corte

antoine_corte