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Valérian et la Cité des mille planètes, notre critique

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On l’attendait depuis plusieurs années, le film européen le plus cher de tous les temps débarque enfin au cinéma cette semaine. Avec Valérian et la Cité des mille planètes, Luc Besson mise gros ! C’est surtout l’aboutissement d’un projet de cœur pour le réalisateur qui se concrétise… Nous avons vu le film.

Valérian photo 1

© EuropaCorp – VALÉRIAN SAS – TF1 FILMS PRODUCTION

L’histoire de Valérian commence en 1967 lorsque les auteurs Pierre Christin et Jean-Claude Mézières sortent les premières pages de leur bande dessinée dans la revue Pilote. Un petit garçon plein d’imagination est alors émerveillé par cette histoire spatiale en avance sur son temps, bien avant l’avènement de la saga Star Wars.  Devenu producteur et réalisateur, ce petit garçon, Luc Besson, murit depuis près de 20 ans l’idée de l’adapter au cinéma… Il réalise aujourd’hui un des films le plus ambitieux jamais créé en Europe, largement comparable à Avatar de James Cameron.

« Le pari du gigantisme est réussi. »

Les moyens sont colossaux. Le tournage a duré 23 semaines, monopolisant une équipe de plus de 900 personnes réparties sur 7 plateaux de la Cité du Cinéma en région parisienne. Le nombre de costumes (plus de 600) est impressionnant, pas moins que les nombreux graphistes qui ont planché sur environ 2400 plans ! Tout a été fait pour produire une œuvre grandiose, presque démesurée. C’est un pari du gigantisme qui est réussi. Dès le début du film, montrant la station orbitale Alpha sur fond sonore de David Bowie, on ressent la pression d’un espace vide qui nous envahit complétement visuellement.

Très vite, l’écran se remplit de détails complexes qui vont éblouir le spectateur, à l’instar du Big Market, grand magasin invisible sur un terrain désertique qui prend vie pour les clients s’y aventurant en mettant des lunettes spéciales. On perçoit ici la diversité de l’imagination de Luc Besson, très inspiré dans la création de créatures en tout genre et de costumes excentriques. Parmi cette multitude d’espèces, l’une va particulièrement attirer l’œil : Bubble, campée par Rihanna proposant un laps dance torride et survolté…

« Luc Besson pêche par son scénario… »

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© EuropaCorp – VALÉRIAN SAS – TF1 FILMS PRODUCTION

Néanmoins, Luc Besson pêche comme toujours un peu par son scénario… On se souvient de l’écroulement du film Lucy passé les vingt premières minutes, alors qu’on espérait jusque là le retour d’un Nikita. Très (trop) inspiré de la BD, Valérian et la Cité des mille planètes a du mal à adopter une ligne dramaturgique limpide durant 148 minutes, qui paraissent de ce fait un peu longues… En cela, le réalisateur n’arrive pas bien à créer une intrigue suffisamment captivante. Les péripéties du duo Valérian/Laureline qui se battent pour sauvegarder Alpha, ponctuées d’enlèvements et dysfonctionnements techniques, sont trop légères pour qu’on y soit totalement captifs. D’autant qu’on ne comprend pas très bien les tenants et aboutissements de la mission de ce couple jusqu’à un final qui s’enchaine un peu trop vite et qui livre dans la précipitation de trop nombreuses explications.

On lira souvent que Valérian et la Cité des mille planètes est une œuvre féministe, donnant une place prépondérante dans l’histoire à Laureline. Au contraire, on trouve le film égalitaire donnant autant d’importance aux deux protagonistes, campés par le couple star attendrissant Dane DeHaan et Cara Delevingne.

« Des valeurs divergentes avec celles des blockbusters américains. »

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© EuropaCorp – VALÉRIAN SAS – TF1 FILMS PRODUCTION

Avec Valérian, on arrive donc à une proposition aussi qualitative que celle des grosses productions américaines. Pourquoi alors ne pas laisser ces blockbusters se réaliser aux États-Unis ? Luc Besson nous en apporte une réponse insidieuse à laquelle on prend conscience en regardant le film. Nos deux cultures ne portent pas sur les mêmes valeurs. Si les Américains sont souvent rongés par l’héroïsme, ce blockbuster européen est davantage porté par des considérations écologiques et humanistes. A travers l’histoire des Pearls, créatures androgynes et bienfaisantes, il y a cette volonté du réalisateur de montrer qu’on doit prendre soin de son habitat et qu’il est important de vivre ensemble en osmose entre les peuples.

A l’instar du Grand bleu déconsidéré par une partie de la critique au moment de sa sortie en salle, il est presque certain que Valérian et la Cité des mille planètes restera un film culte que les générations futures continueront de regarder.

Par @Antoine_Corte

antoine_corte

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