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Vaiana, la rebelle des îles

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Quand on est fan d’animation, et plus précisément de Disney, les noms de John Musker et Ron Clements (Aladdin, La Petite Sirène, Hercule, La Princesse et la Grenouille, Taram et le chaudron magique, Basil, détective privé), réveillent  une impatience non dissimulée. Avec une bande-annonce qui nous laissait craindre une copie d’Hercule (pour le demi-dieu) en mode Lilo et Stitch (pour les îles), on était néanmoins un peu sur la réserve, nous demandant si les vétérans en avaient toujours sous le pied (spoiler alert : OUI, ils en ont encore !).

Synopsis : La légende dit qu’il y a bien longtemps, le demi-dieu Maui vola le cœur de Te Fiti, déesse de l’Océan, attiré par sa valeur. Mille ans plus tard, Vaiana de Motunui, fille du chef de l’île, a été choisie par l’océan lui-même pour retrouver cette pierre sacrée. Vaiana va devoir retrouver Maui et rendre à Te Fiti son cœur.

S’il y a une chose que sait particulièrement bien faire Disney, c’est d’actualiser ses vieilles recettes à notre monde moderne. Entre Tiana (La Princesse et la Grenouille), Merida (Rebelle), Elsa et Anna (La Reine des Neiges), cela fait déjà un moment que la « princesse » traditionnelle s’est émancipée de manière assez jubilatoire. Le studio persiste et signe, mais va encore plus loin. Là où les trois films précités gardaient un fond d’idylle avec des personnages masculins attirés par l’héroïne, il n’y en a ici plus un seul. Tiana finissait avec le prince Naveen, Merida avait 3 prétendants, Anna embrasse Hans… Mais la vaillante Vaiana part à l’aventure seule, à 16 ans, et ce demi-dieu de Maui est loin des préoccupations sentimentales humaines. Mais ce n’est pas tout ! Non content d’occulter purement toute trame romantique (et ça fait du bien), Vaiana est un film profondément écologiste qui parle en sous texte des dangers de voler impunément les richesses de la nature. Mais il est aussi optimiste, poétique et plein d’espoir et nous fait penser plus d’une fois, soit thématiquement, soit esthétiquement, aux films du maître Miyazaki. Le fait que le film soit parfaitement impossible à situer dans le temps joue d’ailleurs beaucoup à l’efficacité du discours.

Image 1 copyright Walt Disney Pictures

© Walt Disney Pictures

Certains esprits critiques diront sans doute que John Musker et Ron Clements récupèrent les recettes maisons pour faire du neuf avec du vieux. Ce n’est pas entièrement faux. On retrouve le folklore d’une culture forte, des animaux mascottes là pour être adorables et assurer les gags visuels, ou encore cette fameuse héroïne rebelle. Mais on a envie de dire : et alors ? Après tout, la bonne vieille tarte de votre maman, elle n’a pas changé depuis 20 ans, non ? Et bien c’est pareil. Oui les ingrédients sont connus, mais les vieux briscards réussissent à nous émouvoir, nous faire rire, et aussi nous faire chanter, et repartir avec la banane (des iles). On pourra regretter une ou deux longueurs et quelques chansons superflues, mais ce serait chipoter, tant on passe un moment formidable devant des images d’une beauté ahurissante (grands dieu, cette eau et ces ciels numériques !). Et comme le tout est en plus servi sur des musiques mêlant sonorités à la Phil Collins et chants tahitiens, on finit par succomber au charme.

 Image 2 copyright Walt Disney Pictures

© Walt Disney Pictures

Musker et Clements connaissent donc par cœur les composantes d’un Disney réussi, et il va sans dire que dans le package, il faut une galerie de personnages soignés. Le tandem mal assorti que forment Vaiana, la rebelle têtue et courageuse, et Maui, le demi-dieu égoïste, fuyant ses responsabilités, est parfaitement dosé. Comme dans tous les bons buddy movies, les vannes fusent, et au milieu l’amitié nait. On a vu le film en VF donc on ne peut pas vous dire pour la VO, mais Anthony Kavanagh (déjà doubleur de Ray la luciole dans La Princesse et la Grenouille) fait un job du tonnerre. On vous laisse la surprise des multiples personnages secondaires du plus hilarant au plus terrifiant. Autre très bon point : aucun des antagonistes n’est manichéen. Tous ont leur raison, et c’est plutôt intelligent.

 Image 3 copyright Walt Disney Pictures

© Walt Disney Pictures

Après 1h40 de film, le résultat est là. On veut déjà le revoir. C’est écolo comme un Miyazaki, drôle et moderne comme un Disney sans prince charmant, visuellement incroyable, sans aucun personnage manichéen. Et les chansons (même si une ou deux sont en trop) restent en tête et donnent envie de danser le hula ! Bref, Vaiana va rejoindre l’étagère Disney dès que possible, et en attendant : allez-y !

 

Par @ChroniquesCanap
SignatureWLC_Quentin_Durand