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Trainspotting 2 de Danny Boyle, un des meilleurs films de l’année 2017

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Voilà une bonne dizaine d’années que Danny Boyle nous tease Trainspotting 2, entre fausse annonce et vraie arlésienne. Puis, il y a deux ans, tout s’est emballé. Un scénar qui a convaincu tout le monde, l’intégralité de l’équipe disponible, cette fois-ci c’est bon : la bande à Renton est de retour !

  1. Parce que c’est le retour de l’équipe Boyle/Hodge/McGregor

Danny Boyle à la réalisation, John Hodge au scénario et Ewan McGregor en premier rôle, c’était déjà Petits meurtres entre amis (1994), Trainspotting (1996), et Une vie moins ordinaire (1997). A savoir trois films différents mais terriblement jouissifs et malins. Inutile de vous dire qu’avec 20 ans d’expérience en plus le résultat est au rendez-vous.

  1. Parce que c’est plus qu’une suite

Une suite, c’est facile : on reprend la même formule, des personnages similaires ou les mêmes, et on surfe sur le récent succès du premier film, pour attirer ceux qui veulent du rab. Danny Boyle, lui, voulait quelque chose de puissant. Ces 20 années écoulées, il les transformera donc en un incroyable outil narratif de cinéma et en fera le sujet même de son film.

Image 1 copyright Sony Pictures Releasing France

© Sony Pictures Releasing France

  1. Parce qu’il vise juste une nouvelle fois

« Choisir Facebook, choisir Instagram, choisir Twitter, et espérer que quelque part, quelqu’un trouve ça intéressant ». A priori, rien de plus ringard qu’un quadra critiquant avec amertume les travers du monde actuel. Sauf quand ce quadra, c’est Renton et que 20 ans après son monologue culte qui épinglait les 90’s et leur consumérisme libéré,  sa vision des années 2010 fait très mal tant elle est juste !

  1. Parce qu’il pose des questions passionnantes

Qu’avons-nous fait des promesses de notre jeunesse ? Que reste-t-il de ce champ des possibles de la vingtaine ? Renton marchant avec un grand sourire, un sac plein de billets dans la main, vers un avenir radieux, a-t-il choisi la vie ? Le film est en fait une poignante introspection sur le temps qui passe. A l’image du Parrain 3, ce film est un épilogue. Une annexe. Une exploration de la manière dont chacun aborde le vieillissement et affronte les conséquences d’une jeunesse dissolue. Et c’est diablement intéressant !

Image 2 copyright Sony Pictures Releasing France

© Sony Pictures Releasing France

  1. Parce que c’est (toujours) le film d’une génération

Le premier film avait en lui le rythme, la folie, et les espoirs de la vingtaine optimiste. Ceux de la génération qui se prenait ce film monstre en pleine face. Trainspotting 2, lui, a la nostalgie, l’amertume et les désillusions d’individus dans une quarantaine qui n’a pas su s’accomplir. Histoire de lancer un pont temporel et de nous achever, Boyle insère à des moments clés des images du premier film, agissant tels des flashs du passé et mettant en perspective idéaux et désillusions.

  1. Parce qu’il n’est pas gratuit

Attendre vingt ans pour dresser le bilan de leur vie était volontaire. En 10 ans, le passage du temps sur le visage des acteurs se serait beaucoup moins fait sentir. Et Boyle, via les flashbacks évoqués, voulait coller les deux visages, et nous mettre une baffe, tout en nous mettant en face de notre propre vieillissement. Il voulait que le vieillissement des acteurs soit assez visible à l’écran pour servir son sujet.

Simon (Jonny Lee Miller) and Mark Renton (Ewan McGregor) in TriStar Pictures’ T2: TRAINSPOTTING

© Sony Pictures Releasing France

  1. Parce que justice est rendue à Spud

Si chacun semble n’avoir jamais quitté les pompes de son personnage, il faut adresser un bravo particulier à Ewen Bremner, Spud, dont le personnage est ici le plus intéressant. Sorte de camé rigolo dans le premier film, il était le seul à qui Renton avait laissé sa part du butin. On est donc heureux de s’attarder sur lui, et son parcours incarnant la recherche de rédemption.

  1. Parce que retrouver les vieux potes fait très plaisir

Ils ont beau être, au choix, paumé, suicidaire, dans une voie de garage ou en taule, revoir Renton, Spud, Begbie, Sick boy c’est comme revenir là où vous avez grandi. L’impression que tout est différent, mais que rien n’a changé. Âge oblige, ils s’appellent désormais par leur prénom, et par moment les rides aux coins des yeux nous rappellent le passage du temps, mais quel plaisir de revoir la bande !

Image 4 copyright Sony Pictures Releasing France

© Sony Pictures Releasing France

  1. Parce qu’on s’amuse quand même

Même si sa vision du vieillissement est assez désenchantée, Boyle reste lui-même et colle une sacrée pêche au film. Montage hyper efficace, son éternel humour noir qu’on aime tant. Comme à la belle époque, on se retrouve partagés entre comédie et drame, un poil plus nostalgique mais que voulez-vous, c’est la vie.

  1. Parce que la BO est incroyable

Trainspotting n’a pas fait que marquer cinématographiquement une génération. Il l’a aussi marqué musicalement, avec une BO que tout jeune cool se devait d’avoir. Comme celle du premier film, elle mêle ici classiques des 80’s (re-coucou Blondie) à des bombes plus récentes, comme celles du rock de Wolf Alice, et de l’électro de High contrast. N’oublions pas aussi ce remix génial par Prodigy de l’emblématique Lust for life d’Iggy Pop. Bref, du très très lourd, comme il se doit.

Image 5 copyright Sony Pictures Releasing France

© Sony Pictures Releasing France

Il y a vingt ans, Danny Boyle changeait nos vies de jeunes cinéphiles avec un film qui cristallisait une époque. Il revient aujourd’hui pour se réapproprier son univers et passer ses personnages au microscope du temps qui passe. C’est puissant, c’est drôle, c’est toujours aussi bien joué ! Bref c’est du Trainspotting par Danny Boyle. Et c’est déjà en haut de notre top 2017.

Par @ChroniquesCanap

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