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Spider-Man : Homecoming, high school dans la toile

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L’araignée, l’araignée, a encore été rebootée… Après des tractations légales interminables qui fileraient une migraine au département juridique de Tony Stark, Marvel a enfin réussi. A eux les droits de Sony pour intégrer Peter Parker à la grande toile super héroïque ! Question : comment re-recommencer les aventures du tisseur du Queens, sans refaire ce qui a déjà été fait, et en même temps réussir à l’intégrer à leur univers bien établi ?

Synopsis : Le jeune Peter Parker découvre peu à peu ses pouvoirs après son expérience avec les Avengers, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, sera l’occasion pour lui de faire ses preuves.

© Sony Pictures Releasing France

Bienvenue dans le monde merveilleux de Marvel où, depuis le rachat par Disney, toute tragédie a quitté les pages de scénario. Déjà lassant dans les derniers films de l’écurie, ce manque de profondeur est encore plus gênant pour un héros pétri des traumatismes et de grandes responsabilités. Ce Spider-Man là restera malheureusement la mascotte de son propre film, comme pendant ses quinze minutes de fanfaronnade dans L’ère d’Ultron.  Certes, Parker est censé être jeune et insouciant, mais ici dépouillé de tout son potentiel tragique, il se retrouve dans un film tiraillé entre un teen movie léger et un spin off d’Iron Man. La réussite à faire coexister les deux n’est vraiment pas subtile et cantonne souvent le film à une vaste métaphore du type « Ah la la, les ados ça n’écoute jamais rien… ». Une superficialité générale sans doute plus en phase avec la jeunesse actuelle que les films précédents, et souvent divertissante. Mais jamais captivante.

© Sony Pictures Releasing France

Soyons beaux joueurs, la profondeur y perd ce que le fun y gagne. On rit quand même assez souvent aux facéties et vannes du (très) jeune héros, qui pour le coup restitue bien le côté farceur du Spider-Man des comics.  Les phases d’actions, elles, sont évidemment très réussies et bien plus compréhensibles que quand Marvel essaie de caler 785 héros dans un seul plan… Mais niveau réalisation, c’est platement du Marvel. Le studio fait tant pour uniformiser tous ses films qu’il est impossible de dénoter toute patte artistique personnelle. C’est bien fait – et parfois efficace – mais déjà vu 52 fois… Dommage !

Finalement, la force du film vient de son casting qui a un énorme capital sympathie. Tom Holland est un bébé Peter Parker tout choupi tout plein, forcément très attachant, et très drôle quand il essaie d’avoir les épaules pour le costume. Mais la palme revient, sans surprise, à Michael Keaton en Vautour qui rejoint facilement Alfred Molina (Docteur Octopus dans Spider-Man 2), et Rhys Ifan (Le Lézard dans The Amazing Spider-Man) dans le club très fermé des méchants réussis de la franchise. Révolté par un système injuste et père de famille aimant, il est humain et donc crée un personnage intéressant. On passera sur les deux caméos peu marquants de Robert Downey Jr., juste là pour connecter le film au grand plan Marvel en toute subtilité.

Image 3

© Sony Pictures

Spider-Man : Homecoming, à l’image des derniers films Marvel, est un film sans grande surprise. Pas désagréable, pas mal réalisé, avec des passages divertissants et un casting qui fonctionne bien. Mais on regrettera la surdose de teen movie et le manque d’iconisation d’un mini héros en apprentissage. Qui sait, ce sera peut-être pour Homecoming 2,  forcément plus sombre ?

Par @ChroniquesCanap

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