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Sans un bruit : Krasinski nous cloue à notre siège

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On peut être surpris de prime abord de voir le nom de John Krasinski rattaché à un film fantastique. Connu pour son rôle humoristique dans la série The Office, c’est pourtant ce scénario entre drame, post-apocalypse et invasion extraterrestre qu’il a choisi de produire – et de réaliser – allant même jusqu’à jouer dedans. Un film profondément personnel et incroyablement prenant ! Lisez cette critique sans un bruit…

Synopsis : Dans un futur proche, la terre s’est fait envahir par une race d’extraterrestres aveugles mais à l’ouïe surdéveloppée. Le moindre bruit peut vous tuer. C’est dans ce contexte qu’Evelyn et Lee tente de survivre et de protéger leurs enfants.

Left to right: Emily Blunt and John Krasinski in A QUIET PLACE from Paramount Pictures.

© Paramount Pictures. All rights reserved. / Jonny Cournoyer

Une histoire familiale

Ce sont toujours les concepts les plus simples qui se révèlent être les plus efficaces. Quoi de plus basique que des parents devant protéger leurs enfants ? Mais c’est justement cette simplicité qui fait que l’on s’identifie très rapidement aux personnages : père protecteur, ado rebelle, enfant casse-cou… On trouve rapidement notre place dans cette famille. Car sous ce film de science fiction horrifique, se cache en fait un drame familial poignant où l’on parle du lien père/fils, de la crise d’adolescence, de l’instinct de protection, et de deuil. La menace des aliens ne sert qu’à amplifier ces problématiques, à l’image de la relation Ripley/Newt dans Aliens, le retour.

© Paramount Pictures. All rights reserved. / Jonny Cournoyer

 Silence on tourne !

Le génie de ce film est d’utiliser cette contrainte du silence comme un atout puissant de mise en scène et dramaturgique. À notre époque de film de super héros bruyants remplis de plans de 4 secondes maximum, Krasinski ose le retour au cinéma muet et prend son temps. Un choix dicté certes par le thème du film, mais poussé à l’extrême. Un parti pris aussi radical qu’efficace, qui n’est pas sans rappeler un autre film d’épouvante qui cachait aussi en lui une chronique sociale : Get out. Sachant passer (parfois au sein d’une même scène) d’une scène de vie quotidienne à un moment de terreur complète, Krasinski effectue un vrai numéro qu’équilibriste qui nous tient en haleine à un niveau viscéral. Et prouve par la même qu’il est un grand metteur en scène ?

Monsieur et madame

Il n’y a pas de secret : si Krasinski réussit aussi brillamment son film, c’est que le scénario lui est personnel. Jeune papa d’une fille mise au monde par sa compagne à l’écran Emily Blunt, il ne pouvait que transcender le sujet. Non seulement l’instinct paternel de Krasinski est évident à l’écran, mais le tandem fonctionne à merveille. Affichant une tendresse mutuelle et une inquiétude palpable. Le couple porte par moment la crédibilité du récit à la limite du documentaire ! Les jeunes acteurs Millicent Simmonds et Noah Jupe, campant les enfants du couple, sont quant à eux impressionnants. Comme les adultes réduits à ne jouer que de leur physique sans un mot, ils parviennent à faire passer des émotions incroyables.

© Paramount Pictures. All rights reserved. / Jonny Cournoyer

Vous l’aurez compris, Sans un bruit prouve qu’on peut encore faire aujourd’hui des films fantastiques exigeants cinématographiquement et scénaristiquement. En revenant aux bases du cinéma (de l’image et une bande originale), Krasinski nous cloue à notre siège avec un film qui touche et terrifie à la fois. Un tour de force qu’on a adoré, et un réalisateur définitivement à suivre !

Par @ChroniquesCanap

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