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Retour sur le palmarès du Mobile Film Festival 2018

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Ils ont été 1055 réalisateurs/trices à proposer cette année un film pour le Mobile Film Festival 2018. Pour cette 13ème édition, le principe est toujours le même : celui de réaliser 1 film d’une durée maximum d’1 minute avec 1 mobile. Le comité de sélection a retenu 50 films – 23 français et 27 internationaux – pour les soumettre à un jury professionnel, présidé cette année par le réalisateur Patrice Leconte, et à un jury digital. Ce mardi 13 mars, la cérémonie a livré son palmarès. On vous dit tout sur les lauréats.

Une cérémonie engagée sur les combats actuels

Le Mobile Film Festival, dont la volonté est de révéler des jeunes talents, a mis l’accent cette année plus que jamais sur l’actualité. En effet, les projets présentés sont le reflet d’un monde en changement. Notamment, plus que jamais la cérémonie a mis en valeur les femmes à travers un jury professionnel essentiellement féminin, un hommage à la Fondation des femmes lors du discours du président du festival et enfin un palmarès donnant la part belle aux réalisatrices.

En 2018, le Mobile Film Festival affirme son côté résolument international avec des films reçus de 88 pays grâce aux relais des institutions culturelles françaises qui ont porté l’évènement tout au long de l’année à travers le monde.

Des films plébiscités plusieurs fois lors de la soirée

Parmi la sélection, on retrouve le consensus autour de certains films qui obtiennent plusieurs prix lors de la soirée. C’est le cas notamment pour Brother de Boldbaatar Baasanjav (Mongolie) qui reçoit le Prix de la communauté Sens critique et le Prix inédit « coup de cœur » du jury professionnel. Le film raconte comment un frère va aider de manière insolite sa petite sœur qui a collé sa langue sur une barre de fer gelée.

Autre plébiscite pour le court-métrage Unsung hero de Vinamara Pancharia (Inde) à la fois Prix du Public et Grand Prix International. Le réalisateur n’en était pas à son premier coup d’essai car il avait déjà participé à l’édition 2014 du Mobile Film Festival. Il était reparti alors avec le Prix spécial du Jury. Cette fois-ci, c’est la consécration suprême pour cet Indien investit dans le cinéma qui remporte une bourse versée par BNP Paribas de 15 000 euros pour la réalisation de son prochain court-métrage. Interrogé après la cérémonie, le gagnant espère avec cet argent se lancer dans un projet plus ambitieux, lui permettant de s’arroger des contraintes économiques relativement difficiles en Inde pour faire des films. Si le réalisateur, avec déjà 13 films à son actif, ne serait pas contre une collaboration internationale pour ses prochaines productions, il souhaite néanmoins conserver sa filiation avec l’Inde en continuant d’y réaliser des films qui « touchent le cœur du grand public ». Son court-métrage primé raconte l’histoire d’un petit garçon qui n’arrive pas à saisir une balle flottant au milieu d’une marre.

Des prix inédits

Cette année, le jury professionnel a pris quelques libertés avec les règles du Mobile Film Festival en décernant des prix inédits. En plus du Prix « coup de cœur » évoqué ci-dessus, les membres ont souhaité s’abolir du genre donné aux prix d’interprétation féminine et masculine en ne les dissociant pas. Aussi, ils attribuent cet unique prix d’interprétation à Tamara Csillag, transgenre qui joue son propre rôle dans le film Léo ne renonce jamais.

Toujours très engagé dans son palmarès, le Prix de la mise en scène revient au film Raahha de Farshad Qaffari et Payam Laghari (Iran), sur le destin tragique d’une famille kurde qui essaye de fuir son pays. Toujours dans le ton revendicatif, le Prix du scénario est attribué à Yes, No de Matteo Tibiletti (Italie), où comment faire passer le « Non » d’une femme à travers divers intonations.

Le jury digital a quant à lui opté pour un film résolument positif avec Zulu Rema de Haithmem Sakouhi (Tunisie). Le film suit le destin d’un ami de ce dernier, un break danseur amputé des deux jambes.

Un Grand Prix France avec de la suite dans les idées

Enfin, le Grand Prix France, avec la bourse de 15 000 euros versée par BNP Paribas, a été attribué à Monsters de Manon Gaurin, sur « les peurs enfantines appliquées à un monde d’adulte » selon les propres mots de la réalisatrice. Après la cérémonie, nous la rencontrons avec sa directrice de production, Coline Maisel, rencontrée à l’ESRA (école de cinéma). Depuis l’école, les deux filles ne se quittent plus et nous confient prévoir déjà de faire une « comédie musicale » avec l’argent de la bourse. A côté d’elles, plus discret, Edouard Rigaudière, le VFX de Monsters, a fait un gros travail de post-production sur le film en y insérant toutes les ombres, à la base du concept. Déjà aguerrie avec quelques courts métrages, l’équipe reconnait un challenge dans le fait de participer au Mobile Film Festival. Ses membres déclarent que « finir un film est toujours un challenge à la base. Avec le Mobile, il faut rajouter la contrainte de la minute qui est très difficile pour raconter une histoire ».

On donne donc rendez-vous à toute cette troupe pour découvrir, lors de la cérémonie de 2019, cette « comédie musicale » d’ores et déjà annoncée !

Par @Antoine_Corte

antoine_corte