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Retour sur le 43ème Festival du cinéma américain de Deauville

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La 43ème édition du Festival du cinéma américain de Deauville s’est terminée par le couronnement du film The Rider des mains du jury dont la présidence était confiée au réalisateur Michel Hazanavicius. Retour sur une semaine de films américains.

The Rider gagnant, mais A Ghost Story fait le buzz

A Ghost Story Photo 1 

© Universal Pictures France

 C’est donc le film de Chloé Zhao qui repart avec le Grand Prix du jury. L’œuvre, sur un champion de rodéo en convalescence, est loin d’avoir fait l’unanimité parmi les festivaliers à en croire le nombre de départs durant la projection officielle. Ces derniers ont préféré donner le Prix du Public à Mary de Marc Webb. Il faut dire que le long-métrage avec Chris Evans (Captain America dans la saga Marvel) était le plus accessible dans une compétition qui n’a pas manqué d’exigences. Les spectateurs ont en effet pu découvrir les recoins d’une Amérique aux multiples facettes, entre la communauté juive ultra-orthodoxe de Brooklyn Yiddish et la serveuse du fin fond du sud-ouest américain.

Pourtant, au fil des jours, c’est le film A Ghost Story qui provoque un véritable buzz sur les planches. Après la première projection presse, le bouche-à-oreille n’a cessé d’amplifier. Pourtant, rien n’était gagné au départ pour cette œuvre austère à la Terrence Malick sur la vie d’un fantôme emmuré dans son ancienne maison. Les longs plans fixes, dont la fameuse scène de la tarte durant laquelle on voit la protagoniste déguster son met, avaient tout pour rebuter. Pourtant, la magie de la contemplation opère grâce notamment à un attachement aux personnages, joués par Rooney Mara et Casey Affleck. L’histoire est belle pour ce film sans vocation commerciale qui repart de Deauville avec trois prix : le Prix de la révélation Kiehl’s, le Prix du Jury ex-aequo et le Prix de la critique internationale. Mieux, devant un tel engouement, Universal Pictures France décide d’acheter le film pour le distribuer en France !

 

Des stars à foison

 Photo 2 Antonio Banderas

© Tous droits réservés

Le 43ème Festival de Deauville a vu défilé sur son tapis rouge des sacrées pointures du cinéma hollywoodien qui sont venues recevoir un hommage. Les deux anciennes stars du premier Jurassic Park, Laura Dern et Jeff Goldblum, ont débuté la semaine, tandis que Robert Pattinson, Antonio Banderas, Michelle Rodriguez ou encore Woody Harrelson les ont succédés.

L’événement le plus marquant vient tout de même du passage de Darren Aronofsky présentant son dernier film Mother !. L’œuvre avec Javier Bardem et Jennifer Lawrence étonne, perturbe, dérange… En tous cas, elle est tellement excentrique qu’elle en fait l’un des meilleurs films de cette année 2017. Plus accessible que sa filmographie passée, notamment The Fountain, il faudra cependant la visionner plusieurs fois pour en trouver l’ensemble des codes.

Des avant-premières décevantes

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© 2017 WARNER BROS. ENTERTAINMENT INC. AND RATPAC-DUNE ENTERTAINMENT LLC. ALL RIGHTS RESERVED

Malheureusement, l’enthousiasme n’est pas le même s’agissant des avant-premières présentées pendant le Festival. Rarement qualitative, la programmation laisse davantage la place à des films mineurs proposés uniquement en VOD qu’à des grandes œuvres majeures. Ainsi, The Music of Silence sur la vie du chanteur Andrea Bocelli n’a même pas peaufiné ses sous-titres, les livrant avec contresens et fautes d’orthographe ! De même, la mise en scène de Kidnap avec Halle Berry était navrante avec un film qui est une course poursuite sans fin et inintéressante, en Louisiane à la recherche d’un enfant enlevé.  Seule exception, la grande fresque historique La Promesse sur le massacre arménien a su émouvoir avec un scénario captivant, coécrit par Robin Swicord et Terry George. Enfin, les festivaliers ont eu leur moment de frissons avec la projection du film Ça, adaptation de l’œuvre de Stephen King, qui réussit totalement à rendre effrayant l’image du clown.

Au final, le Festival de Deauville 2017 aura eu ces moments d’intérêt grâce notamment à ses très beaux rendez-vous avec les fameuses stars américaines et à des découvertes étonnantes. L’évènement doit faire attention de ne pas tomber dans une compétition trop fermée du grand public alors même que le Festival a la vocation d’être ouvert à tous. De même, les organisateurs doivent opérer absolument une meilleure recherche d’avant-premières pour éviter de devenir l’antre du cinéma en « direct to DVD ». A suivre donc…

Par @Antoine_Corte

antoine_corte