Blogs

Moi, Moche et Méchant 3, l’épisode de trop ?

2
2

La saga à succès Moi, Moche et Méchant a débuté en 2010 et est devenue l’une des plus lucratives de l’écurie Universal. Devant une telle manne financière, le film accoucha logiquement d’une suite en 2013 où après avoir été méchant dans le premier, le personnage de Gru se rangeait pour consacrer son temps à ses filles et aider à arrêter les super méchants. Parallèlement à ça, les parcs Universal Studios ouvraient leur attraction 4D dédiée à la franchise… Puis l’année dernière, premier spin-off avec un film centré sur Les Minions, et enfin cet été la troisième aventure du Méchant le plus célèbre de l’animation, toujours doublé en français par Gad Elmaleh.

 1-Universal Pictures France

© Universal Pictures France

Synopsis : Dans ce troisième volet, Balthazar Bratt, un ancien enfant star reste obnubilé par le rôle qu’il a interprété dans les années 80. Il va devenir l’ennemi juré de Gru.

L’animation a toujours le vent en poupe : Pixar sort Cars 3 en août, Warner Lego Ninjago à la fin de l’été, et entre, des outsiders de différentes nationalités comme Bigfoot Junior, Les As de la Jungle, Ozzy, ou encore Le Grand Méchant Renard. Les studios se portent bien et il n’est plus à démentir que l’animation est un vrai art. Et entre les mastodontes Pixar, Disney ou encore DreamWorks Animation, le studio Illumination est en train de se tailler la part du lion, déjà avec la franchise Moi, Moche et Méchant mais également avec les succès Tous en scène (dont nous vous parlions il y a quelques mois sur WE LOVE CINEMA) ou Comme des bêtes. Malheureusement, ce n’est pas toujours affaire de qualité : comme dans tous les genres (on pense notamment au film d’horreur à petit budget) on en vient à faire du divertissement de masse, pas toujours réfléchi, qui repompe encore et encore les mêmes codes, la même animation, les mêmes enjeux… Ce n’est pas tant le problème de sortir des blockbusters animés (Pixar le fait très bien) que l’uniformisation des idées et des recettes. Vous l’avez compris, le souci avec Moi, Moche et Méchant 3 c’est qu’il rentre vraiment dans ce type de divertissement mercantile. Bien sûr que l’équipe fait de son mieux pour rendre un travail le plus qualitatif possible. Mais on se doute aussi qu’Universal, ne voulant pas laisser s’échapper la poule aux œufs d’or, capitalise un maximum sur cet univers (jouets, parcs d’attractions, produits dérivés…). Pour preuve, des ressorts comiques au design, à la teneur des histoires (la famille), Illumination fait peu ou prou la même chose à chaque fois.

2-Universal Pictures France

© Universal Pictures France

La bonne morale américaine ne pouvait pas laisser un personnage méchant rester méchant. Quoi de mieux que lui coller des petites filles dont il deviendra le père adoptif pour se laisser attendrir. Et c’est un peu le problème de Moi, Moche et Méchant… On veut bien que Gru soit moche, il n’est en réalité pas très méchant, et rangé dans une vie de famille parfaite dès la fin du premier film. Comme dans le 2, Gru est ici un gentil, on ne peut en douter, et en plus des enfants, il a trouvé l’amour dans le personnage (sans relief) de Lucy. Le film commence alors que nos deux héros échouent dans leur mission contre le super méchant de l’histoire (un méchant 80’s délicieusement rétro) et se voient renvoyés de leur organisation d’espionnage. Alors qu’ils vont tenter de s’habituer à cette nouvelle situation, Gru va apprendre qu’il a un frère jumeau – Dru – qui souhaite le rencontrer. Ni une ni deux, la petite famille va se rendre sur l’île où vit ce frère. Dru est l’exact opposé de Gru, il est blond, s’habille en blanc, et vit une vie d’homme riche mais est complètement naïf. Élevé par leur père (alors que Gru l’a été par leur mère), il rêve de devenir un Super Méchant. Dru va donc tout tenter pour ramener son frère dans le monde du crime, une affaire de famille, leur père étant un ancien super criminel. Gru va accepter ce dernier coup pour se venger de Balthazar Bratt, qui est la cause de son chômage…

3-Universal Pictures France

© Universal Pictures France

Le film est l’exacte image de ce à quoi on s’attend : c’est efficace, énergique, survolté, drôle, et globalement divertissant. L’intrigue se scinde en trois arcs : d’une part Gru et son frère, de l’autre Lucy qui tente de se faire accepter des filles, et puis bien sûr la partie concernant les fameux Minions (comme d’habitude tantôt génialement drôles, tantôt exaspérants au possible). Malheureusement pour la surprise, il faudra s’en contenter : Moi, Moche et Méchant 3 ne parvient pas à se renouveler ni sortir du moule. Pire, le côté émotionnel de la paternité qui était le pivot des deux premiers films se retrouve relégué au second plan, derrière la relation des deux frères qui, disons le, manque de peps. Après, il y a toujours beaucoup d’humour, on rigole souvent devant les pitreries des uns ou des autres avec des gags à différents niveaux de lecture. Mention spéciale au Super Méchant de l’histoire Balthazar (bien que peu présent) qui est gentiment absurde et caricatural, sorte de grand gamin attardé étant resté dans les années 80 et combattant en dansant sur les meilleurs tubes de la décennie !

4-Universal Pictures France

© Universal Pictures France

Vous n’aurez pas d’originalité ni d’étoiles dans les yeux en allant voir Moi, Moche et Méchant 3. Cela dit, le film s’avère de nouveau très recommandable pour les familles avec de jeunes enfants, qui devraient y trouver leur compte de rire et de divertissement.

Par @NicoBalazard (Cine-Nerd.fr)

Nicolas Balazard