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Luc Besson, du Grand Bleu à Valérian

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Parfois adulé, souvent détesté, Luc Besson est un de ces réalisateurs à succès qui ne laisse pas indifférent. Qu’on l’aime ou non, force est de constater que l’homme a marqué toute une époque et que ce n’est pas encore terminé. Retour sur la carrière de celui qui nous offrira cette année l’adaptation de Valérian et la Cité des mille planètes au cinéma.

Dane DeHaan stars in Luc Besson's VALERIAN AND THE CITY OF A THOUSAND PLANETS. Photo Credit: Lou Faulon Copyright: © 2016 VALERIAN SAS Ð TF1 FILMS PRODUCTION.

© 2016 VALERIAN SAS Ð TF1 FILMS PRODUCTION / Lou Faulon

Metteur en scène, scénariste puis producteur, on dit de Luc Besson qu’il s’est formé sur les plateaux de tournage en faisant « tous les métiers du cinéma », y compris figurant.

Amoureux de la science-fiction, Besson fera tout son possible pendant sa carrière pour imposer le genre en France. Accompagné par son acolyte des débuts, Jean Reno, La carrière de Luc Besson commence à se faire remarquer dès 1983 avec son Dernier Combat

Les succès critiques et commerciaux

Mais c’est en 1988 que sa carrière explose avec un film qui traversera les générations et les pays : Le Grand Bleu. Une histoire inédite, au rythme particulier et au casting efficace qui laisse une empreinte particulière dans le cinéma français et au Festival de Cannes dont il fait l’ouverture à l’époque. À ce moment, critique et public reconnaissent ensemble le talent de ce jeune réalisateur souriant. Et ce n’est pas prêt de s’arrêter. Pendant les 10 ans qui ont suivi, Luc Besson a révolutionné le cinéma français et brisé les frontières des genres et des pays.

Il entre également dans une phase de films où les femmes sont des battantes, des survivantes et deviennent des icônes aux côté d’Ellen Ripley ou de Sarah Connor. Il révèle également de nombreuses actrices qui se voient récompensées à l’international.

À commencer par Anne Parillaud, l’inoubliable Nikita qui recevra le César de la meilleure actrice en 1990. Puis c’est au tour d’une certaine Natalie Portman, toute jeune en 1994, qui aux côtés de Jean Reno (et de sa plante) dans Léon va signer son premier grand rôle et l’un des plus marquants de sa carrière, encore aujourd’hui. Cette année-là, Léon devient d’ailleurs le film français le plus vu à l’étranger.

Le cinquieme element (c) Gaumont Buena Vista International

© Gaumont Buena Vista International

Si l’on avait alors compris que Luc Besson aimait les femmes et ses acteurs fétiches (comme Jean Reno ou Tchéky Karyo), il revient également à son premier amour, la science-fiction, pour livrer en 1997 un autre film qui marquera les esprits du monde entier : Le Cinquième élément. Nouvelle ouverture du Festival de Cannes, nouveau succès critique puisque Luc Besson recevra le César du meilleur réalisateur, et nouveau succès public qui fonctionne encore 20 ans après. Et ne dites pas le contraire, on sait tous que Leeloo Dallas Multipass reste au panthéon des personnages et répliques cultes…

Milla Jovovitch devient alors la nouvelle actrice favorite du réalisateur qui décide d’en faire sa Jeanne d’Arc des temps modernes deux ans plus tard. Et c’est là que l’on commence à parler d’une période moins glorieuse pour le réalisateur…

La période de doute et de recherche

Plus que tous les autres avant lui, Jeanne d’Arc divise en effet énormément le public et la critique qui n’aime pas trop que l’on joue avec l’histoire française comme cela. S’enchaîne alors pour Besson, qui monte en parallèle sa maison de production Europa, une série de films pour le moins dispensables et oubliables qui ne feront que lui attirer les foudres de la critique française : Yamakasi, Le Baiser mortel du dragon, Wasabi, Taxi 2… Besson et Europa produisent près de 8 films par an à cette époque, dont aucun ne semble satisfaisant pour le public ou la critique française.

Besson commence donc à abandonner les films d’action un peu bourrins et s’essaye à d’autres styles et envies qu’on lui découvre. En 2005, avec Angel-A, le réalisateur tente l’histoire d’amour, le noir et blanc et l’humour. Sans grand succès…

L’année suivante, Luc Besson revient avec un tout autre genre, l’animation fantastique, pour adapter son propre livre illustré, Arthur et les Minimoys. Besson commence à récupérer les faveurs du public et de la presse, qui ne tiendront malheureusement pas sur les deux suites accordées au film les années suivantes.

Arthur et les minimoys copyright Europacorp distribution

© EuropaCorp Distribution

Pour passer à autre chose, Besson décide alors d’adapter une BD pour en faire Les Aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec, film policier flirtant avec l’ambiance et l’époque des Agatha Christie. Mais cette Adèle, même si elle n’a pas à rougir, ne chamboulera pas l’univers du cinéma en cette année 2010.

Sans se décourager, Luc Besson tente alors l’année suivante un biopic, sur un sujet engagé, avec The Lady, qui relate la vie d’Aung San Suu Kyi. Le public semble plutôt enclin à apprécier la douceur de ce nouveau Luc Besson, tandis que la presse reste dubitative. Mais si ce The Lady ne marquera pas plus les mémoires que cela, tout comme le très faible Malavita qui suivra avec De Niro, Besson va pourtant renouer avec le succès quelques années plus tard…

Le retour du succès commercial et international

En 2014, Luc Besson décide en effet de réutiliser les anciens codes de ce qui ont fait son succès : de la science-fiction, de l’action et une actrice en personnage central fort sachant très bien se défendre. De tout cela naît Lucy avec Scarlett Johansson dans le rôle titre.

Lucy, a film by Luc Besson with Scarlett Johansonn, Morgan Freeman, Choi Min-Sik...

© Jessica Forde/EUROPACORP – TF1 FILMS PRODUCTION – GRIVE PRODUCTIONS

Alors que le film sort, on sait déjà que c’est celui qui aura coûté le plus cher de toute l’histoire du studio EuropaCorp. C’est aussi celui qui à ce moment-là, a demandé le plus d’effets spéciaux de toute la filmographie de Luc Besson qui utilise désormais le numérique autant qu’il le peut. Le buzz autour du film aura très bien marché avant la sortie. Malheureusement, lorsque Lucy sort finalement en France, il se fait majoritairement détruire par la presse et les critiques françaises. Du côté du public, les avis sont également très partagés. Pourtant, Lucy va offrir à Besson le retour d’un succès commercial gigantesque, notamment grâce au marché chinois qui fera que le film cumulera plus de 57 millions d’entrées dans le monde (dont 5 millions en France), soit le plus grand succès français à l’international depuis 1994 ! Il retrouve alors le succès d’un Cinquième élément ou d’un Taken (produit par EuropaCorp en 2008).

Alors pourquoi toujours tant de haine en France contre Luc Besson ? Serait-ce la France qui a décidé de ne plus rien passer à ce réalisateur qui tente pourtant toujours de faire vivre le cinéma dans son pays d’origine ? En effet, avec la création de la Cité du Cinéma en Seine Saint-Denis, Besson a pourtant tout fait pour continuer de tourner des films en France et faire marcher le business du cinéma français malgré le coût et le peu de compassion des critiques. Lorsqu’il lance ses salles de cinéma qui veulent offrir une nouvelle expérience au public (sièges-lits, coupe de champagne, confort etc.), il se fait de nouveau attaquer.

Quel sort sera alors réservé à Valérian, tourné dans ses studios français et adapté d’une bande dessinée, qui sera dans nos salles en juillet prochain ?

Quoi qu’il en soit, il serait injuste de ne pas reconnaître d’ores et déjà l’envie et la réussite de Luc Besson de représenter le cinéma français dans le monde. Car pour décrire Luc Besson, il faut surtout garder en tête que ce producteur, réalisateur et scénariste a toujours pensé avant tout au plaisir du public et d’un public international, au-delà des frontières, mélangeant les styles, les histoires, les langues, les techniques utilisées et les acteurs.

Alors, serez-vous dans les salles le 26 juillet prochain pour découvrir Valérian et la Cité des mille planètes ?

Bande-annonce à découvrir ici !

Par @AnaBerno

AnaBerno Blogueuse