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Love, Simon, teenage feel-good movie

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Love, Simon est une romance gay sous forme de feel-good movie, ce type de film tout mignon – quoiqu’un peu cucul – qu’on regarde quand on a le moral dans les chaussettes et/ou besoin d’amour. Une histoire à la fois amusante, émouvante, engageante et plutôt intelligente, dans laquelle les échanges par mail d’un adolescent vont entraîner toute une suite de complications (attendues) et au final beaucoup d’amour. Attention, spoilers…

© Twentieth Century Fox France

Synopsis : On mérite tous une première grande histoire d’amour. Pourtant pour Simon, c’est compliqué. Il a une vie normale, dans une famille qu’il adore et est entouré d’amis extraordinaires, mais il garde pour lui un grand secret : personne ne sait qu’il est gay et il ne connait pas l’identité de son premier coup de cœur, avec qui il communique en ligne. Alors que son secret est menacé d’être révélé, la vie de Simon bascule dans une aventure aussi drôle que bouleversante… Ses amis prendront alors une place essentielle pour l’aider à changer sa vie et découvrir le premier amour.

Avec sa chaleur, son ouverture d’esprit, son côté autant sympathique qu’idéaliste, Love, Simon devrait logiquement vous faire du bien. Il prend l’aspect d’un film initiatique sur le passage à l’âge adulte et la maturité (dernière année au lycée oblige) avec beaucoup de cœur. Simon est un lycéen qui est sur le point de faire son coming out. Interprété par Nick Robinson, jeune acteur de 23 ans vu notamment dans Jurassic World, Simon retourne les codes classiques de la comédie romantique (hétéro). Le film est mignon, quoiqu’un peu naïf par endroit : l’outing de Simon lui pose plus de problème qu’à son entourage, il n’a pas à subir de rejet ; évidemment dans la réalité, tout le monde n’aurait pas une si belle maison que lui, des parents et amis si ouverts et compréhensifs. La seule hostilité réelle du film est (pauvrement) représentée par deux amis ordinairement homophobes cherchant à faire des blagues de mauvais goût, dont la fonction narrative est finalement renversée puisqu’ils finissent par être tacitement pardonnés pour leur bêtise. Le seul autre gay revendiqué du lycée, plus efféminé que Simon, paraît lui ne pas souffrir de sa situation, ayant une vision très spirituelle, un sacré sens de la répartie et du sang-froid. Evidemment, dans la vraie vie, les situations seraient moins simplistes, mais on pardonne au film ses quelques manques scénaristiques, une certaine naïveté réconfortante, puisqu’au final il se révèle intelligent et amusant.

Copyright Twentieth Century Fox France 2

© Twentieth Century Fox France

La vie de Simon bascule alors qu’il commence à entretenir un échange épistolaire anonyme, avec un certain « Blue », qui a parlé de son homosexualité sur un blog que toute la petite communauté du lycée suit assidument. Bien sûr, au fil des échanges, des liens vont se construire et Simon va tomber amoureux de Blue… Mais qui est vraiment Blue ? La tension et le mystère vont s’amplifier quand le relou du lycée, Martin (Logan Miller), va découvrir le secret de Simon et promettra de ne rien révéler s’il accepte de l’aider à impressionner la plus belle fille du lycée – et nouvellement arrivée – Abby, jouée par Alexandra Shipp (qu’on a vu dernièrement en Storm de X-Men : Apocalyspe). Martin n’est pas vraiment un mauvais bougre, disons qu’il est un peu un marginal, et est surtout désespéré de plaire à la fille qu’il aime…

Copyright Twentieth Century Fox France 3

© Twentieth Century Fox France

Au fur et à mesure que le lien de Simon progresse avec Blue, les relations entre les membres de son petit cercle d’amis évoluent, des quiproquos se créent entre qui aimerait être avec qui, notamment sa meilleure amie Leah, secrètement amoureuse de lui depuis des années. D’ailleurs son lien avec Leah aurait mérité d’être développé, n’étant pas assez ensemble à l’écran pour que l’on ressente une amitié inséparable. Cependant, contrairement à d’autres comédies où les filles ont le cœur brisé quand elles apprennent que leur crush est gay et se détournent d’eux, ici le regard est beaucoup plus sensible et bienveillant, et on comprend la complexité pour Simon de se révéler au grand jour, même s’il est au final son seul ennemi dans cette révélation, les autres menaces semblant bien gentilles…

Copyright Twentieth Century Fox France 4

© Twentieth Century Fox France

Réalisé par Greg Berlanti, le producteur télé derrière les succès The Flash, Green Lantern ou Arrow, Love, Simon est ouvertement « mainsteam » : il plaira au plus grand nombre sans jamais fâcher personne, ni évoquer les difficultés d’être gay dans une Amérique qui se radicalise – Trump est d’ailleurs cité. En tant que tel, il manque sûrement d’énergie de films plus militants sur l’homosexualité comme par exemple 120 battements par minute. Mais contrairement à ce dernier, Love, Simon est mignon, rassurant, et surtout plus facilement identifiable pour une nouvelle génération qui se sentira peut-être émue par l’histoire de ce garçon, et permettra quelques outings ou une évolution des consciences. Après tout, Simon n’est pas vraiment militant (et n’a pas de raison de l’être vu la bienveillance du monde dans lequel il évolue) il cherche juste à vivre le grand amour ! Et un peu de douceur fait toujours du bien, surtout pour faire passer des messages

Par @NicoBalazard (Cine-Nerd.fr)

Nicolas Balazard