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L’île aux Chiens : la dernière folie de Wes Anderson qu’on adore

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Un film de Wes Anderson est toujours une grosse attente pour les esprits délurés, rêveurs et aimant l’humour noir. Que ses fans se rassurent, L’île aux Chiens sort ce mercredi au cinéma et c’est un condensé en stop motion de tout ce qu’on adore chez le réalisateur.

Synopsis : En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville.

l'île aux chiens Twentieth Century Fox France

© Twentieth Century Fox France

Cela faisait quelques années que nous n’avions pas pu apprécier le travail de Wes Anderson au cinéma. Depuis le très réussi The Grand Budapest Hotel en 2013, le réalisateur se faisait discret. Mais c’était pour mieux préparer, écrire, réaliser l’excellent L’île aux Chiens, une jolie prouesse technique en plus d’être malin, dur, beau et original.

Comme d’habitude avec le réalisateur, c’est aussi le casting qui nous fait baver avant même de découvrir le film. Une fois de plus, l’affiche est assez incroyable, réunissant en version originale Jeff Goldblum, Bryan Cranston, Scarlett Johansson, Frances McDormand, Edward Norton, Greta Gerwig, Bill Murray, ou encore Harvey Keitel. Côté français, on a tenté de tenir le niveau avec les doublages de Vincent Lindon, Isabelle Huppert, Romain Duris, Louis Garrel, Daniel Auteuil, Mathieu Amalric ou Léa Seydoux.

Ce casting se régale en doublage grâce à des personnages succulents. La majorité d’entre eux a beau être des chiens, l’intérêt du stop motion est que l’imagination prend le pas sur tout le reste. Ville imaginaire inspirée de vraies villes japonaises, un animal connu et apprécié de tous mais qui, ici, parle et peut faire à peu près tout, etc. En « vrai » film, rien de tout cela n’aurait été possible et encore moins crédible. Ici, dès la première seconde du film nous sommes transportés dans cet univers incroyable qui sert de métaphore à beaucoup de choses sur notre monde actuel.

© Twentieth Century Fox France

On y retrouve tous les thèmes chers au réalisateur et surtout à sa façon de faire. Il adore utiliser l’humour cinglant, la couleur pop et l’absurde pour parler de mort, voire de génocide. L’île aux Chiens ne déroge pas à cette règle et l’utilise à fond. On rigole donc de bon cœur tout au long du film, mais on se surprend aussi à avoir la larme à l’œil parfois, par cette émotion qui nous saisit. Entre les deux, le scénario parfaitement maîtrisé nous occupe pour essayer de trouver comment tout peut bien se terminer pour cette troupe de personnages délurés. Si on regrette, comme très souvent chez Wes Anderson, un creux au niveau du rythme du film en milieu de récit, l’ensemble tient pourtant parfaitement la route et on a instantanément envie de le revoir. Autre thème fétiche que l’on retrouve ici : l’enfance. Le héros humain est un enfant qui peut compter sur l’aide d’une jeune fille avec du caractère. Et oui, quand on vous dit que Wes Anderson est fidèle à lui-même, on ne ment pas, ça vous rappellera certainement d’autres films de sa filmographie ! Il est aussi fidèle à ceux qui l’ont inspiré car on retrouve beaucoup de références à des œuvres célèbres dans L’île aux Chiens, surtout à des œuvres japonaises auxquelles le film rend parfaitement hommage.

À tout cela, il faut ajouter une prouesse technique avec le stop-motion maitrisé à la perfection. Déjà un habitué du procédé avec Fantastic Mr Fox, Wes Anderson s’est entouré de l’équipe qui a travaillé sur Wallace et Gromit ou encore Chicken Run pour réaliser L’île aux Chiens. Rajoutez par-dessus le tout la musique d’Alexandre Desplat et une maîtrise absolue du son (notamment dans la scène d’ouverture avec l’orchestre japonais qui est impressionnante) et le résultat final est quand même très très proche de la perfection…

l'île aux chiens bryan cranston (c) Twentieth Century Fox France

© Twentieth Century Fox France

Complètement fou, très drôle mais aussi corrosif, bourré de références et avec un sous-texte qui laisse à réfléchir pendant longtemps (et que je vous laisse découvrir en salles), L’île aux Chiens est ce que j’appelle un bonbon acidulé ! Une gourmandise pour adultes qui pique mais qu’on adore savourer. Une comédie douce amère, ou bien un drame amer et doux… Ce nouveau Wes Anderson est un excellent cru qui vous emportera dans cet univers parallèle bilingue, et vous fera voyager au Japon et bien au-delà… Un véritable coup de cœur et un must see !

Bande annonce :

Par @Anaberno

AnaBerno Blogueuse