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Le Géant de fer, re-sortie d’un chef d’œuvre

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Tiré d’un roman de 1968 The Iron Man de Ted Hughes, Le Géant de fer est un petit miracle. Premier film de Brad Bird, qui réalisera par la suite Les Indestructibles, Ratatouille ou À la poursuite de demain, c’est un ovni aux antipodes des productions Disney. Entre Spielberg et Miyazaki, ce magnifique film revient au cinéma ce mois-ci, avant de s’offrir enfin une sortie HD en février. Retour sur un chef d’œuvre ignoré en salles, devenu culte depuis.

Synopsis : 1957 dans le Maine, en pleine guerre froide. Hogarth Hugues, gamin aventureux vivant avec sa mère célibataire, découvre une nuit dans les bois un énorme robot tombé du ciel. Se liant d’amitié avec la créature, il doit trouver comment garder secrète l’existence d’un géant de 15m, mangeur d’acier, et comment berner un agent du gouvernement un peu trop curieux qui arrive en ville pour chasser « l’envahisseur alien ».

Image 1 copyright Warner bros

© Warner Bros.

Le Géant de fer est beaucoup plus qu’un simple dessin animé (trop souvent considéré comme étant « destiné aux enfants »). Il aborde tant de sujets profonds et de manière si intelligente qu’il est considéré aujourd’hui, à raison, comme un des plus grands films d’animation des vingt dernières années. Pamphlet pacifiste, plaidoyer pour l’acceptation de la différence et la tolérance, on pense souvent à King Kong, autre créature géante incomprise. S’y ajoute aussi une magnifique histoire d’amitié entre un gosse intrépide et une machine qui gagnera en humanité à mesure qu’elle sera apprivoisée. On ne vous parle même pas des nombreux moments de comédie issus de la taille gigantesque du géant qui a du mal avec le concept de discrétion.

Avec une telle richesse thématique et de ton, il eut été très facile d’obtenir un film trop brouillon. Oui, MAIS ! Brad Bird in the house, people ! Et l’homme qui allait réaliser parmi les meilleurs Pixar, trouve l’équilibre parfait entre science fiction mystérieuse, comique de situation et film d’espionnage sur fond de guerre froide. Avec humanisme et sans manichéisme où les méchants s’opposeraient aux gentils, il parvient à nous embarquer dans son histoire. Complètement maitre de son art, il utilise aussi un savant dosage d’animation classique 2D pour les humains, et d’animation 3D pour les machines, qui vient souligner le processus d’humanisation graduelle du géant, à mesure qu’il choisit d’être plus qu’une arme.

Image 3 copyright Warner bros

© Warner Bros.

On évoquait King Kong, mais on pense aussi au E.T. de Spielberg. Pas tant au niveau de l’amitié jeune garçon/homme de l’espace plutôt évidente, mais surtout dans les archétypes des personnages furieusement Spielbergiens. Hogarth, le jeune garçon attachant qui, tel un Elliot ou un Goonies, est plongé dans une aventure incroyable, sa mère célibataire noyée de travail n’ayant pas de temps pour lui, sans parler du gouvernement menaçant incarné par l’agent, aussi tenace que méprisable, qui cristallise toute la paranoïa communiste de l’époque. Quant au géant lui même… Entre sa découverte de ce qu’est la mort, le combat contre sa nature et le choix de son destin, on vous met au défi de nous trouver un robot plus touchant au cinéma.
Sublime ode à la différence, tout autant que génial film de science fiction aux parfums Spielbergiens, Le Géant de fer reste 17 ans après sa sortie, un chef d’œuvre intelligent, drôle et émouvant, destiné à tous, grands comme petits.

Image 2 copyright Warner bros

© Warner Bros.

Tellement parfait que Disney en repompera pour Les Nouveaux Héros, la même trame (amitié enfant/machine), les mêmes gags (glisser chez soi un robot en douce) et la même fin (oui, oui). On ne va pas se mentir, rien n’arrive à la hauteur de ce chef d’œuvre, et de son « Superman ».

Par @ChroniquesCanap

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