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La Route sauvage, retour sur cette petite pépite cinéphilique

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La Route sauvage d’Andrew Haigh a tout pour tracer son chemin dans le cœur des cinéphiles en 2018. A la croisée entre Sur la route de Walter Salles et Into the Wild de Sean Penn, le film avec le jeune acteur Charlie Plummer a déjà convaincu dans de nombreux festivals, dont celui des Arcs ou Valenciennes. Retour sur cette pépite cinéphilique dans les salles dès le 25 avril.

Lean on Pete, un pur-sang littéraire

 Photo 1 - La Route Sauvage (1)

© Ad Vitam

Connu pour avoir réalisé la série HBO Looking sur le milieu gay à San Francisco, Andrew Haigh choisit d’adapter le livre Lean on Pete de l’écrivain américain Willy Vlautin. Le titre du livre, également celui du film en version originale, est en réalité tiré du nom du cheval qui va accompagner le protagoniste durant toutes ses aventures dans le récit. Charley Thompson est en effet un enfant de quinze ans. Il a appris à évoluer seul à côté d’un père laxiste. Un jour, l’adolescent se trouve un travail dans un haras tenu par un éleveur peu scrupuleux. Il se prend dès lors d’affection pour « Lean on Pete », un vieux pur-sang en fin de course. A la mort de son père suite à une tragique agression, l’orphelin va alors s’enfuir avec l’animal à travers les vastes paysages désertiques américains dans le but de rejoindre sa tante à l’autre bout du pays, seule à pouvoir lui offrir un nouveau foyer.

Un parcours existentialiste pour fuir ses peurs et trouver un nouveau point d’attachement

 Photo 2 La Route Sauvage

© Ad Vitam

La Route sauvage est donc l’histoire touchante d’un être complètement perdu qui va essayer de trouver un nouvel équilibre. Le périple dans la nature va cependant être semé d’embûches. En cela, la quête cinématographique est véritablement touchante grâce à un scénario qui accentue le désordre émotionnel de l’adolescent, tombant notamment dans l’extrémité de la violence et de la délinquance. L’enjeu pour ce héros est d’abandonner son enfance pour se construire en tant qu’homme. Au fur et à mesure que le récit avance, la fascination du protagoniste pour son cheval prend tout son sens. L’animal sert de pilier psychologique aux angoisses de solitude du jeune homme, à tel point que le film joue énormément autour de la personnification du pur-sang. En effet, là où Sur la route ou Into the Wild étaient un choix assumé vers des quêtes de libertés, La Route sauvage est a contrario un parcours plus existentialiste pour fuir ses peurs et trouver un nouveau point d’attachement.

Un écrin pour Charlie Plummer

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© Ad Vitam

L’acteur Charlie Plummer arrive à communiquer de l’émotion pure. Déjà aperçu en fin d’année 2017 dans Tout l’argent du monde de Ridley Scott, le comédien a ici un véritable écrin pour s’imposer comme la nouvelle coqueluche d’Hollywood. Il faut dire qu’on sent le réalisateur plein d’admiration pour lui. La plupart des plans lui sont entièrement consacrés avec une recherche poétique dans le filmage. Aussi, la mise en scène alternera entre plans rapprochés pour voir au plus près la souffrance physique du personnage et champs larges pour donner de l’envergure à cette quête vers l’infini. Les paysages fastueux sont également l’autre atout de ce film passionnant. Ils sont un désir d’évasion pour le spectateur qui trouvera dans ces lieux désertiques autant de chaleurs que d’anxiétés.

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© Ad Vitam

La Route sauvage est donc dans la veine d’un cinéma indépendant américain qui regorge de talents peu connus. Perdu dans une immensité, Andrew Haigh sait émouvoir grâce à un récit simple et universel qui parle du cheminement complexe pour passer de l’enfance à l’âge adulte.

Par @Antoine_Corte

antoine_corte