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La littérature : première source d’inspiration du cinéma ?

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À l’occasion de la sortie au cinéma ce mercredi de l’attendue version ciné de L’Extraordinaire Voyage du Fakir, revenons sur les adaptations cinématographiques d’œuvres littéraires, sans qui aujourd’hui le 7ème art serait surement en manque de créativité…

 Cover l'extraordinaire voyage du fakir Copyright Sony Pictures Releasing France

© Sony Pictures Releasing France

Depuis les frères Lumière, la littérature n’a de cesse d’inspirer le cinéma. Aujourd’hui, rares sont les scenarii qui sont 100% originaux, sans s’inspirer un peu – ou totalement – d’un livre (ou d’une histoire vraie). Romans, BD, comics ou même manga se voient en effet souvent adaptés sur grand écran. La France n’est pas en reste là-dessus puisqu’après Le petit Nicolas, Boule & Bill, Les Profs ou encore Gaston Lagaffe, c’est désormais Nicky Larson qui aura bientôt droit à une version ciné, puisque le tournage du film de Philippe Lacheau a commencé il y a quelques jours à Paris.

Pour situer un peu le phénomène, il faut savoir que plus de la moitié des films ayant réalisé plus de 2 millions d’entrées en France sont des adaptations de romans ou de BD (Intouchables, OSS 117, Les Profs, Astérix et Obélix, Arthur et les Minimoys, etc). D’ailleurs, aux César cette année encore, la littérature a été consacrée, ne serait-ce qu’avec le Au revoir là-haut adapté par Dupontel.

Au revoir là haut (c) Gaumont

© Gaumont

Il faut dire que la littérature, c’est le cinéma sans les images. Ça fait travailler l’imaginaire, puisque ça n’a aucune limite visuelle (ou de budget effets spéciaux !), c’est notre cerveau qui fait tout le travail à la lecture des mots. En bref, c’est une source infinie d’histoires et de plans pour le 7ème art. Le seul problème, c’est que lorsque l’on lit un livre, on a tendance à se faire une interprétation très personnelle du sens du bouquin, du visage des protagonistes, etc. Résultat : quand on l’adapte au cinéma, et qu’on est fan de l’œuvre de base, on est souvent déçus de ce qu’on voit car c’est toujours différent de ce qu’on avait imaginé… Sans compter qu’un film ne peut pas adapter des centaines de pages mot pour mot et doit souvent couper beaucoup de parties, ou au contraire broder autour de certains passages, trahissant ainsi l’œuvre originale.

Pourtant, il y a des livres à l’univers ultra riche, que l’on pensait impossibles à adapter et qui pourtant figurent parmi les plus gros succès du cinéma : Le Seigneur des Anneaux, La Planète des Singes ou bien Harry Potter étaient en effet des défis d’adaptation qui ont été relevés haut la main !

Harry potter copyright Warner Bros

© Warner Bros

Certains auteurs sont même devenus des sources inépuisables pour le cinéma. Un seul exemple ? Stephen King, qui inspire depuis des décennies le 7ème art pour nous faire frissonner de plaisir : Shining, Carrie, Ça ou encore La Ligne verte n’auraient pas existé sans ses écrits. Sans lui, certains chefs d’œuvre du cinéma n’auraient jamais vu le jour. De la même façon, nous aurions été privés de films comme Jurassic Park s’il n’avait pas été écrit avant. D’ailleurs, des réalisateurs comme Steven Spielberg, qui n’ont plus rien à prouver, continuent d’adapter des livres en films, la preuve avec son Ready Player One sorti cette année, qui a été un énorme succès en librairie avant tout.

Certains livres ont d’ailleurs fait plusieurs fois l’objet d’adaptations plus ou moins réussies : Roméo et Juliette, Orgueil et Préjugés, Les Liaisons dangereuses ou presque tous les classiques de Jules Verne. Mais plus l’univers est complexe et riche, plus il est difficile de l’adapter : Le Tour du monde en 80 jours a en effet fait l’objet au fil du temps de différentes adaptations, sans jamais, à mon goût, avoir réussi à faire rêver autant que le livre ou avoir capté l’esprit qui en ressort.

shining copyright Warner Bros

© Warner Bros

Reste des livres cultes encore jamais adaptés au cinéma. Parmi eux, L’attrape-Cœur, célèbre sur plusieurs générations et dont l’auteur J. D. Salinger a, pour la petite histoire, toujours refusé l’adaptation ciné car il pense qu’un film ne pourrait jamais adapter correctement la voix intérieure que l’on peut lire dans son roman…

Une adaptation reste en effet toujours un pari très risqué car il faut à la fois convaincre ceux qui n’ont pas lu le livre et les fans des bouquins qui attendent toujours le résultat au tournant. L’adaptation ciné doit toujours fonctionner à ces deux niveaux, en plus de réussir déjà à être un bon film en tant que tel…. Pas facile, surtout quand l’œuvre de base est complètement loufoque et réputée comme inadaptable !

C’est le défi que va devoir relever Ken Scott (le réalisateur de l’excellent et fou Starbuck) en s’attaquant à l’adaptation du livre de Romain Puértolas, L’Extraordinaire Voyage du Fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea. Le livre fait 100% appel à notre imaginaire, au rêve, pour nous embarquer à travers le monde dans cette belle histoire d’amour et de quête intérieure. Seulement voilà, rien n’est logique ou vraisemblable dans ce livre, comment alors cela peut-il se transposer à l’écran ? Arriverons-nous à rêver aussi facilement devant ce casting international et ce film tourné dans plus de 4 pays (et qui perd au passage dans son titre la notion de la marque de meubles suédoise…) que devant les pages du livre ?

Réponse le 30 mai dans les salles obscures, où je serai je l’avoue, pour juger si cette adaptation d’un livre que j’ai adoré me parait juste ou non par rapport à l’œuvre originale. Pas de pression Ken, pas de pression…

Bande-annonce par ici.

Par @AnaBerno

AnaBerno Blogueuse