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La Fille de Brest, portrait d’une femme forte

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Affiche la fille de brest

© Droits réservés

Après son film La Tête haute (2014) qui revenait sur le système de la justice pour les mineurs, la réalisatrice Emmanuelle Bercot s’attaque à un autre grand sujet de société à travers un biopic sur l’affaire du Mediator, La Fille de Brest (2016). @Antoine_Corte vous donne son avis.

Irène Frachon (Sidse Babett Knudsen) est une pneumologue qui exerce dans un hôpital de Brest. A travers quelques cas dont elle a la charge, elle arrive à faire une relation entre la mort suspecte de certains de ses patients et un médicament de l’industrie Servier, le Mediator. Avec l’équipe de recherche dirigée par le professeur Antoine Le Bihan (Benoit Magimel), elle va se battre pour le retrait du médicament et pour l’indemnisation des victimes.

Le portrait d’une femme à poigne

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© Jean-Claude Lother 2016 Haut et Court – France 2 Cinéma

Emmanuelle Bercot nous dépeint avec son film le portrait d’une femme exceptionnelle qui a la hargne d’une guerrière des temps modernes. Sa pugnacité est parfaitement montrée dans La Fille de Brest, notamment lorsqu’elle rentre de façon impromptue dans le bureau de ses collègues en hurlant sa frustration contre l’industrie Servier. Derrière ses frasques spectaculaires, le personnage montre sa pleine humanité envers les victimes. La réalisatrice fait le choix de s’immiscer dans l’intimité du médecin, sans être invasive. Aussi, on découvre une Irène Frachon entourée d’un cocon familial solide, dont elle tire sa force pour poursuivre sa bataille.

Pour interpréter cette femme forte, Emmanuelle Bercot a fait le choix de l’actrice Sidse Babett Knudsen qui, au moment du casting pour le film, n’avait pas encore connu le succès d’aujourd’hui. Cette nouvelle égérie du cinéma, qu’on retrouve notamment dans la série Westworld ou encore dans le film L’Hermine, prend son envol dans un rôle taillé pour elle. En la regardant, on retrouve toute l’humanité insufflée par Irène Frachon, tout en ayant une touche de jeu personnelle qui permet de se démarquer du personnage original. En effet, La Fille de Brest accentue le lien entre Frachon et Le Bihan en faisant reposer tout un pan du scénario sur leur relation amicale, bien au-delà d’une simple collaboration de travail. A l’écran, le duo d’acteurs est particulièrement touchant. Après La Tête haute, Emmanuelle Bercot arrive encore une fois à transcender Benoit Magimel en lui donnant un rôle de charisme.

Une narration digne des films d’enquête américains

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© Jean-Claude Lother 2016 Haut et Court – France 2 Cinéma

Le plus percutant dans La Fille de Brest reste le rythme de la narration, adoptant le ton d’un film d’enquête américain entre Spotlight et Erin Brockovich. C’est foncièrement novateur dans le cinéma français qui n’hésite pas à avoir un regard incisif sur ces scandales médiatiques. La réalisatrice fait également un choix judicieux en montrant quelques moments d’autopsie très crus, afin de faire prendre conscience qu’au-delà des argumentaires scientifiques, il y a des gens qui meurent.

Ce film s’installe dans les salles alors que le procès Servier n’est pas terminé et que la plupart des victimes attendent encore une indemnisation judiciaire. Le cinéma peut-il ainsi bousculer la réalité ? On le verra dans quelques semaines après la pleine exploitation de La Fille de Brest.

Par @Antoine_Corte

antoine_corte

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