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J’ai passé une journée sur le tournage d’Au bout des doigts

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Le 23 novembre dernier, j’ai pu réaliser le rêve de beaucoup de cinéphiles : assister de l’intérieur à un tournage de film. Et pas n’importe lequel : celui d’Au bout des doigts de Ludovic Bernard avec Lambert Wilson, Kristin Scott Thomas et Jules Benchetrit. Je vous dis tout de cette journée hors du commun.

Vous n’avez sûrement encore pas entendu parler d’Au bout des doigts et c’est normal. Actuellement en tournage, le film ne sortira chez nous qu’à l’automne 2018. Mais grâce à BNP Paribas, partenaire du film, j’ai pu intégrer les coulisses de ce tournage et assister durant une journée à la vie de plateau telle qu’on rêve tous de la voir.

Et je n’étais pas la seule ! Pour contenter les cinéphiles comme moi, WE LOVE CINEMA et Séance Radio avaient organisé des jeux concours pour assister au tournage et mieux encore. Un deuxième grand jeu concours permettait en effet de passer devant la caméra pour être figurant lors du tournage d’une des scènes clés du film, le 7 décembre prochain ! Forcément, les fans de cinéma ont répondu présents en nombre. Au total, sur le tournage, il y aura eu comme moi plus de 35 personnes à pouvoir voir les coulisses du long-métrage.

Ce jour-là, je me retrouve donc prise en charge à Paris devant BNP Paribas où je rencontre mes compagnons du jour : 2 membres de l’équipe WE LOVE CINEMA et Séance Radio et 3 des gagnants du jeu. Parmi eux, deux jeunes passionnés qui viennent des alentours de Nancy et de Bordeaux. Ils nous révèlent être passionnés par le cinéma et vouloir devenir réalisateurs sans avoir encore eu l’occasion d’assister à un vrai tournage d’une ampleur pareille. Pas de doute, cette journée va leur plaire !

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© Tous droits réservés

Nous partons tous ensemble en taxi direction le conservatoire de Puteaux où se passe le tournage du jour. La semaine précédente, l’équipe était à la Seine Musicale de Boulogne. Si l’on hésitait encore, on comprend vite que le film va donc parler musique… Nous sommes accueillis par l’équipe de tournage qui nous distribue la feuille de route du jour, la même que les acteurs et toute l’équipe reçoivent chaque soir pour le lendemain. Dessus, on y trouve le lieu où tout le monde devra se retrouver, la liste des personnes qui doivent être présentes, les contacts de tout le monde au besoin et surtout le détail de l’heure à laquelle chaque acteur est attendu, ainsi que le nombre et le résumé des scènes du jour qu’ils devront jouer. On découvre alors que ce jour-là, nous assisterons principalement à un face à face Lambert Wilson – Jules Benchetrit.

C’est parti pour commencer par une visite des loges, où les acteurs sont passés tôt ce matin (vers 7h à leur arrivée) pour se faire maquiller et s’habiller, puisque c’est là que sont entreposés tous les costumes du film, classés par personnage et par scène. Puis nous montons au 2ème étage pour rentrer dans le vif du sujet. Là où d’habitude, il y a un lieu bercé de lumière, calme et de grands couloirs menant au bureau du directeur du conservatoire, on découvre alors des dizaines de personnes en mouvement permanent, des caméras, des outils, des draps ou autres micros et moquette posés un peu partout dans une ambiance de travail et de bonne humeur déroutante quand on ne connaît pas ce milieu. Une véritable fourmilière !

Derrière nous arrivent alors Lambert Wilson, Jules Benchetrit et Ludovic Bernard, le réalisateur. Après nous avoir salué, tout le monde se met en place ou presque. Car nous voyons un homme passer et aller s’asseoir là où Lambert Wilson doit s’asseoir dans cette scène. Même taille, même corpulence, mêmes vêtements, la ressemblance est troublante. On nous explique alors que cet homme est la doublure de Lambert. Non pas pour une cascade, mais une doublure lumière. Cela sert surtout lorsqu’il y a des scènes en extérieur, à ce que l’acteur puisse aller se changer, se faire maquiller, répéter ou parler au réalisateur pendant que l’équipe technique met en place la lumière, les caméras et fait la mise au point afin d’être prêt à tourner dès que tout le monde est prêt et que l’on crie « action ! ». Et lorsque l’on crie ce fameux « silence, action », nous voyons ces dizaines de personnes se figer. Pas un bruit n’est alors possible sur le plateau, même ceux que nous n’entendons pas…

En effet, il a fallu refaire quelques scènes supplémentaires car l’ingénieur du son avait dans son casque le son d’une moto qui passait dans la rue à ce moment-là, ou bien il entendait des enfants rire alors que nous ne les percevions pas. Mais lorsque nous avons pu enfiler ces casques pour écouter à notre tour les dialogues de ce qui était en train d’être tourné, nous avons effectivement compris que le moindre petit bruit pouvait tout compromettre !

Sur sa grande chaise de réalisateur, devant un écran de retour d’image et un casque sur les oreilles, Ludovic Bernard surveille lui tout ce qui se passe 2 mètres devant nous. A côté de lui, une femme avec le script s’assure que tout est relativement bien suivi. Ludovic Bernard remarque tout de suite si un reflet ou un objet qui ne lui plaît pas est resté dans le champ. Lorsqu’il dit « coupez », il n’hésite pas non plus à aller voir ses acteurs pour leur donner des conseils ou des précisions sur comment jouer telle ou telle chose, en apportant plus de détails sur ce que le personnage vit à ce moment-là du film.

En fin de matinée, on termine une des scènes et on nous annonce l’heure du déjeuner. Tous ensemble, direction une grande tente mise en place dans la rue juste à côté, entourée par les nombreux camions qui transportent le matériel de tournage. On y découvre un super self aménagé et, très bonne surprise, des plats délicieux cuisinés sur place, avec beaucoup de choix. Les chefs cuisiniers sont aux petits soins et c’est l’occasion pour nous d’échanger un peu plus avec l’équipe du film durant cette pause. Mais alors qu’on discutait avec l’adorable Jules Benchetrit sur le fait que, même s’il vient d’une famille d’artistes, ce n’était pas du tout une évidence pour lui d’être acteur, on vient le rappeler à nous car il doit déjà aller se changer pour la scène suivante.

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© Tous droits réservés

Nous retournons alors dans le Conservatoire pour la suite de cette journée pour voir une autre scène qui résume à elle seule l’envers et la magie du cinéma. Car sur notre feuille de route, cette scène est décrite comme « Jules frappe à la porte ». Comme ça, c’est presque risible et on se dit que tout sera plié en 30 secondes ! Et pourtant… Pour faire une simple scène comme celle-ci, il faut la faire et la refaire pour être sûr que le cadre est le bon, que le son n’a pas été pollué par l’extérieur et surtout il faut la tourner avec plusieurs angles différents. Et à chaque angle, il faut tout bouger. Les caméras, le décor, les assistants, la lumière est à revoir, etc. Il faut faire attention à tout, au moindre détail pour que tout soit crédible, sans faux raccord. Pourtant, à l’écran final, nous ne ferons presque pas attention à cette scène et surtout pas à l’ampleur du travail que ça représente derrière.

Les scènes de la journée vont alors s’enchaîner comme ça pendant plusieurs heures, intenses pour toute l’équipe qui ne manque pourtant jamais de venir s’assurer que nous allons bien et de répondre à nos questions. En fin de journée, quand tout est « dans la boite » il faut encore dérusher les images du jour pour faciliter le futur montage. Car pour cette fameuse scène du frappage à la porte par exemple, il y a déjà de nombreuses minutes de film sur les cartes numériques qu’il ne faut pas perdre, qu’il faut stocker et organiser afin de se retrouver pour la suite du tournage.

Pour nous, cette journée est passée à une vitesse folle ! J’aurais été bluffée par tous les moyens humains qui existent derrière chaque seconde de chaque film. Un travail de titan, de minutie que la magie du cinéma ne laisse jamais paraître à l’écran. Une magie qui ne me fait qu’aimer encore plus le 7ème Art, aussi parce que cette journée m’a prouvé que le cinéma est un art de passionnés, de personnes investies à fond dans leur rôle quel qu’il soit, pour que l’ensemble commun se passe bien.

C’est une expérience à vivre, qui ne fait en plus que faire grandir mon envie de découvrir ce film l’année prochaine, et d’y retrouver les scènes que j’ai vu se tourner, et savoir enfin quel angle le réalisateur aura choisi et comment tout cela s’imbriquera ensemble. De votre côté, pour vous faire patienter, vous avez déjà ces quelques photos du tournage, le synopsis du film ci-dessous et pour les plus chanceux d’entre vous, votre place en tant que figurant le 7 décembre prochain !

Rendez-vous en 2018 pour découvrir le résultat et merci aux équipes du film et à BNP Paribas pour cette journée de cinéma inoubliable.

Par @AnaBerno

AnaBerno Blogueuse

Synopsis : Au milieu du brouhaha entêtant de la gare, une musique s’élève : le prélude et fugue n°2 en do mineur de Bach. Mathieu Malinski, 20 ans, sweat à capuche et jean troué, donne vie au célèbre morceau. La musique et lui ne font qu’un. La musique est son secret, un sujet dont il n’ose pas parler dans sa banlieue. Il traîne avec ses potes Kevin et Driss à monter des coups plus ou moins risqués, veille sur son petit frère David pour qu’il ne se laisse pas influencer par de mauvaises personnes, aide sa mère qui multiplie les travaux depuis que son père les a abandonnés. Alors qu’un des coups de Mathieu vire au cauchemar le menant aux portes de la prison, Pierre, directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique l’en sort en échange d’heures d’intérêt général comme homme de ménage au Conservatoire. Mais Pierre a une toute autre idée en tête… Il voit en Mathieu un futur grand pianiste. Mathieu entre dans un nouveau monde dont il ignore les codes. Il rencontre Anna, une jeune violoncelliste, dont il tombe amoureux et qui lui semble inatteignable. Il suit les cours de l’intransigeante « Comtesse ». Pierre croit de plus en plus au génie de Mathieu au point qu’il va mettre en jeu son poste au Conservatoire en l’inscrivant au concours international de piano pour le “prix de l’excellence”. Le pari de Pierre sera-t-il récompensé ? Mathieu acceptera-t-il d’aller vers son destin? Qui des deux sera sauvé ?