Blogs

Cars 3 : la boucle est bouclée !

0
0

Depuis quelques années, Pixar se met aussi à faire des suites, alors qu’on vantait mille fois l’audace et l’originalité du studio. Si les Toy Story auront fait taire les plus récalcitrants, Le Monde de Dory, Monstres Academy et Cars 2 ont malheureusement moins convaincu… Dans le cas de Cars, il était presque d’utilité publique pour Pixar de proposer une suite, après un épisode intermédiaire très mauvais (le pire film du studio à date) et suite à une franchisation excessive avec la série dérivée des Planes dans le monde de l’aviation – qui aurait dû rester cantonnée à une sortie vidéo comme aux États-Unis. Cars 3 est fait pour vendre du produit dérivé, ça c’est sûr ! Mais le film redresse les roues et s’en sort avec les honneurs.

© 2017 Disney Pixar

Synopsis : Dépassé par une nouvelle génération de bolides ultra-rapides, le célèbre Flash McQueen se retrouve mis sur la touche d’un sport qu’il adore. Pour revenir dans la course et prouver, en souvenir de Doc Hudson, que le n°95 a toujours sa place dans la Piston Cup, il devra faire preuve d’ingéniosité. L’aide d’une jeune mécanicienne pleine d’enthousiasme, Cruz Ramirez, qui rêve elle aussi de victoire, lui sera d’un précieux secours…

Flash McQueen (Guillaume Canet en VF) ne nous avait pas vraiment manqué avouons-le, même si Cars 3 ressemble davantage à un Pixar que son affreux grand frère de cette série automobile. Le film est plus sombre que les précédents, comme nous l’avait révélée une première (et impressionnante) bande annonce montrant un accident dantesque sur un circuit de course. Le thème ici est lié à l’âge, au fait de transmettre ses valeurs et savoir se mettre à temps de côté. Et justement, il y a sûrement plus matière à réfléchir (surtout pour les plus grands) et un peu moins de légèreté. Martin, l’horripilante dépanneuse héroïne du deuxième film a été complètement mise de côté pour ne faire que de la figuration, pour à la place introduire un nouveau sidekick qui va faire une montée en puissance tout au long du film : Cruz Ramirez, la nouvelle entraîneuse de Flash (doublée par Alice Pol). Le film se calque parfaitement à l’univers de la franchise et particulièrement au premier opus, montrant énormément de courses automobiles et l’adrénaline que cela procure aux personnages. Cette fois, Flash paraît fatigué et au bout de sa vie, ce n’est plus le héros à l’allure fringante qu’on connaissait. Il est devenu complètement obsédé par sa gloire et le fait de gagner, alors qu’il doit affronter une nouvelle génération de voitures encore plus rapides et bardées d’électronique, avec en figure de proue la star montante Jackson Storm (Nicolas Duvauchelle).

© 2017 Disney Pixar

Flash va donc devenir totalement has-been et relégué au second plan, jusqu’à ce fameux jour d’accident montré dans la bande annonce. Il devra alors s’entrainer dur et revoir ses certitudes afin de pouvoir retrouver sa gloire d’antan. Cruz Ramirez va l’aider dans cette mission, elle qui a des techniques d’entraînement assez farfelues. L’humour de cet opus vient d’ailleurs beaucoup de Cruz qui apporte un vent de fraîcheur, d’émotions et un personnage féminin très fort (Sally la copine de Flash ayant ici un tout petit rôle). Naïve mais pleine d’entrain et de joie de vivre, son duo avec Flash ne va cesser d’évoluer au fil du film pour se terminer de la meilleure des manières possibles. Alors qu’au début ce n’est pas gagné : Flash est convaincu d’être le meilleur et n’en fait qu’à sa tête pour laisser de côté Cruz et ses conseils…

© 2017 Disney Pixar

Niveau technique, rien à redire, Pixar fait toujours des merveilles. Les personnages évoluent dans des décors photoréalistes (la technique utilisée dans Le Voyage d’Arlo), et on ne peut que saluer la masse de travail des équipes sur l’animation des personnages, la lumière, le remplissage des plans avec de nombreux détails – et des easter eggs tirés des précédents films du studio comme d’habitude. C’est une vitrine technologique impressionnante ! Comme on l’a déjà dit, les parents devraient y trouver leur compte avec un message bienvenu sur le passage de flambeau, et les plus jeunes devraient être amusés par l’humour, les courses régressives toujours bien filmées et des scènes pleines d’énergie. C’est un vrai film pour la famille, inculquant des valeurs simples comme le fait de savoir se remettre en question pour avancer dans la vie.

© 2017 Disney Pixar

Si Cars 3 est un peu long – prenant quand même bien le temps de montrer la psychologie en pleine évolution de Flash tout au long du film – il compense largement en subtilités les errements du 2ème opus. Flash devient presque un anti-héros dans la mesure où il s’obstine dans une voie où il devient ringard, et qui le rend presque antipathique parfois aux yeux du public, quand Cruz prend de l’ampleur. Au final, on se demande même si le film n’est pas plus directement adressé aux adultes qu’à leur progéniture, et vient boucler la boucle de la plus jolie des façons.

Par @NicoBalazard (Cine-Nerd.fr)

Nicolas Balazard