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Au revoir là-haut, les trois personnes clés du projet

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Albert Dupontel, Nahuel Perez Biscayart et Pierre Lemaitre : ils sont trois à avoir une place centrale dans le film Au revoir là-haut, grande fresque stylisée de cette fin d’année 2017. L’œuvre cinématographique sort dans les salles de cinéma le 25 octobre. On vous en dit un peu plus sur l’événement français du moment, qu’il ne faut pas manquer !

 Affiche

© Gaumont Distribution

Pierre Lemaitre, l’auteur du prix Goncourt

A la genèse de ce projet, il y a évidemment l’œuvre littéraire Au revoir là-haut écrite par Pierre Lemaitre qui reçoit le prix Goncourt en 2013. Le livre est iconoclaste dans le parcours de l’auteur, habitué à des romans policiers noirs. Sur Au revoir là-haut, l’auteur révèle d’ailleurs être parti dans l’écriture d’une enquête criminelle se déroulant après la Première Guerre mondiale. Puis, les idées s’emballant, l’écrivain s’éloigne peu à peu de ce genre pour livrer une histoire davantage entre la tragédie et le burlesque. On suit alors le parcours de deux rescapés des tranchées en novembre 1919 qui décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. L’un d’eux a été défiguré pendant la Grande Guerre. Il est une fameuse « gueule cassée » qui se cache derrière des masques fantasques.

Albert Dupontel, le réalisateur iconoclaste

© Gaumont Distribution

Quelques années plus tard, c’est l’acteur-réalisateur Albert Dupontel qui va s’emparer de ce drôle de projet pour une adaptation au cinéma. Ce dernier confie y voir une œuvre résolument moderne qui transmet des valeurs universelles. On connaît le cinéaste pour avoir toujours été l’électron libre de son art. Son parcours est sans filtre en n’hésitant pas à interpréter des personnages à la marge des codes sociaux. Il est aussi bien punk révolutionnaire dans Le grand soir avec Benoît Poelvoorde que drôle de criminel formant un couple étonnant avec Sandrine Kiberlain dans 9 mois ferme, qu’il a également réalisé. Dans Au revoir là-haut, on le retrouve plus sage mais tout autant audacieux, filmant à la manière d’un Jean-Pierre Jeunet une œuvre d’époque poignante sur les retours des tranchés. La reconstitution est parfaite avec une ambiance des années folles sans oublier une référence poussée aux grands pontes du mime, tels que Charlie Chaplin ou, plus tard, le mime Marceau. Côté casting, Au revoir là-haut a une affiche 4 étoiles avec des choix audacieux comme Laurent Laffitte en grand méchant. Il campe dans le film le lieutenant Pradell, personnage amoral qui se réjouit de la souffrance de ses hommes. Par ailleurs, la pointure Niels Arestrup incarne une figure paternelle qui n’a plus aucune considération pour son fils, parti au combat, Edouard Péricourt.

Nahuel Perez Biscayart, l’acteur argentin, révélation de cette année

« AU REVOIR LÀ-HAUT » Réalisé par Albert DUPONTEL

© Gaumont Distribution

Pour interpréter ce jeune protagoniste, Albert Dupontel sélectionne sur casting un jeune Argentin : Nahuel Perez Biscayart. Il est à cette époque un jeune comédien qui monte, ayant déjà joué avec les réalisateurs Benoit Jacquot (Au fond des bois) ou Rebecca Zlotowski (Grand Central). Pas totalement au fait de notre histoire française, il se pose un après-midi pluvieux au jardin des tuileries et lit le scénario d’Au revoir là-haut d’une traite. L’acteur y découvre le personnage d’Edouard Péricourt, mutilé de guerre. Le comédien comprend vite que le rôle est un défi pour sa carrière. Il devra réussir à toucher les spectateurs derrière un masque sans que l’on puisse voir aucune de ses expressions. De plus, le protagoniste n’a plus l’usage de la parole, émettant seulement quelques sons de gorge. Cette difficulté ne fait absolument pas peur à Nahuel Perez Biscayart qui va réussir son pari en irradiant l’écran d’émotions grâce à ses visages changeant au gré de ces magnifiques masques, confectionnés par Cécile Kretschmar.

Entre le tournage et aujourd’hui, l’acteur aura bien sûr explosé aux yeux du grand public en tenant le rôle titre de 120 battements par minute de Robin Campillo, qui fût le coup de cœur et le Grand Prix du dernier Festival de Cannes. Au revoir là-haut vient consacrer l’acteur comme la révélation française de l’année, avec, à n’en pas douter, un prix à la prochaine cérémonie des César en mars 2018…

Au revoir là-haut est un concentré de bonnes émotions. Entre rires et larmes, le film ne rentre dans aucune case, aucun genre. Il est un bouillon de bonnes idées, venues tant du livre que de la très libre adaptation par Albert Dupontel, le tout couronné par des acteurs de talent, aussi fantasques qu’émouvants. Une belle réussite !

Par @Antoine_Corte

antoine_corte