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Alien : Covenant – Le péplum galactique existentialiste

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Le moins que l’on puisse dire, c’est que Ridley Scott avait divisé avec son Prometheus en 2012. On ne va pas vous mentir, nous on avait adoré ! Alors qu’il revenait dans une épopée stellaire aux origines de sa bestiole, certains crient encore aujourd’hui à la trahison, faute d’horreur. Mais il en faut d’avantage à Scott pour abandonner sa réappropriation de la bête qu’il avait créée. Une réappropriation thématique et visuelle passionnante !

Image 3 copyright twentieth century fox

© Twentieth Century Fox

Synopsis : 10 ans après que le professeur Shaw ait réussi à s’échapper, pour une destination inconnue, de la planète où l’équipage du Prometheus périt, la Wayland Corp lance une nouvelle mission de conquête spatiale. Les membres d’équipage du vaisseau Covenant partent pour une planète située au fin fond de notre galaxie. Mais en chemin, ils découvrent une planète bien plus proche et habitable.

N’en déplaise aux nostalgiques de Sigourney Weaver, aussi parfaite soit-elle, ce qu’a commencé Scott avec Prometheus, il le continue de plus belle avec Alien : Covenant. A savoir : amplifier le thème phare de la maternité de la saga Alien pour le faire aboutir à un questionnement quasi religieux autour de la création. Les fans de gore en auront donc pour leur frais. Alien : Covenant c’est de la SF ambitieuse et existentialiste. Mais s’il garde son bon vieux thème de l’androïde fou à la recherche de l’organisme parfait, Scott ne fait pas ici juste de la SF. Il se permet de nous livrer également un péplum galactique impressionnant. Frères ennemis, plaie divine, ruines carbonisées, le tout sans aucune faute de tons, ni gros sabots.

Image 1 copyright twentieth century fox

© Twentieth Century Fox

Dire que le bonhomme se donne les moyens visuels de ses ambitions est un doux euphémisme. L’extase visuelle est quasi permanente sur les paysages et les éclairages, ou les images spatiales. Ce qu’on lui reprochera en revanche seront les images de synthèse utilisées pour les Aliens qui font par moment un peu tache… Mais Scott embrasse par ailleurs tellement sa démesure dans un décorum colossal, qu’on lui pardonne volontiers cette faute de goût. D’autant plus qu’au milieu de ce questionnement existentialiste, il parvient en plus à nous livrer des moments de pur suspense horrifique, avec la maitrise qu’on lui connaît.

On pourra en revanche regretter un casting qui manque un peu de charisme avec des personnages moins travaillés qu’auparavant. Là où on arrivait à s’attacher à l’équipage du Prometheus, seul Michael Fassbender tire ici son épingle du jeu. Les autres, sans être mauvais, ne marquent guère les esprits. Dommage mais pas assez pour gâcher un film clairement centré sur le personnage passionnant de Fassbender !

Image 2 copyright twentieth century fox

© Twentieth Century Fox

Avec ce film, Ridley Scott continue d’écrire 40 ans plus tard la genèse de son chef d’œuvre horrifique. Avec démesure, une approche ambitieuse de péplum, des thèmes universels passionnants et une sincérité rafraichissante. Pas mal à 80 ans !

Par @ChroniquesCanap

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