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Hunger Games 2, les sagas pour ado au cinéma

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Le refrain est désormais connu de tous. La sortie prochaine de « Hunger Games : L’embrasement » remet brièvement sous les spotlights ces sagas littéraires au cinéma qui font les émules des adolescents depuis quelques années. Mais l’engouement du public n’est-il pas en train de s’effriter ? Le filon n’a-t-il pas été exploité jusqu’à épuisement ?

Il semblerait que la saga « Harry Potter » ait préparé le terrain. Le succès prodigieux rencontré par l’œuvre de J. K. Rowling puis par l’aventure des jeunes sorciers sur grand écran pendant dix ans a donné aux distributeurs le virus de l’adaptation. Et si « Le seigneur des anneaux » ou « Narnia » entretiennent l’amour des spectateurs de tous âges pour la fantasy, c’est la sortie de « Twilight » en 2008 qui ouvre les hostilités, provoquant depuis une déferlante de transpositions à l’écran : « Hunger Games », « Sublimes créatures », « Percy Jackson », « The Mortal Instruments », sans oublier les one-shot comme « Les âmes vagabondes » ou « Warm Bodies ». La télévision n’est pas en reste avec « The vampire diaries ».

"Hunger Games 2 et sagas ados"

Harry Potter et les reliques de la mort 1ère partie. © Warner Bros Entertainment

Ce serait pourtant une erreur de songer que ces œuvres n’attirent qu’un public adolescent. « Harry Potter », exemple flagrant, ratisse des plus jeunes aux plus vieux, se voyant réédité avec des couvertures plus « adultes » ; mais c’est là une magie que d’autres auront du mal à reproduire car le propre de J. K . Rowling est d’être parvenue à faire grandir ses héros en même temps que son lectorat, et il en va de même avec les films. L’affection portée par les fans à Daniel Radcliffe, Emma Watson ou Rupert Grint n’est plus à prouver.

Et l’on tend souvent à oublier que la grande majorité des histoires à l’origine de cette tendance cinématographique sont labellées « young adults » ou encore « adulescents », une astuce découverte par les éditeurs afin de vendre plus facilement ces œuvres à destination d’un public large. Car si Twilight ne peut se targuer que d’un traitement clairement fleur bleue et si Percy Jackson verse vers l’enfantin pour attirer un public plus familial, d’autres livres offrent une réelle réflexion, voire une certaine violence. « Warm Bodies » bénéficie d’une seconde lecture qui se voit évincée sur grand écran malgré les indéniables qualités du film de Jonathan Levine. Et « Hunger Games » semble pour l’instant souffrir du même phénomène : aura-t-on droit à une suite édulcorée ou les choses vont-elles se corser ?

"Hunger Games 2 et sagas ados"

Hunger Games : L’embrasement. TM & ©2013 Lions Gate Entertainment Inc. Tous droits réservés.

Ce sont leurs personnages qui, avant tout, ont fait la force de « Harry Potter » et « Twilight ». Les écoliers un peu différents rêvent d’un destin comme celui de Harry ou Hermione, et les (très) jeunes filles en quête de l’amoureux idéal se pâment devant un Robert Pattinson virtuose et combattif prêt à s’engager pour l’éternité. « Warm Bodies » nous apprend que l’amour peut transformer un zombie et en faire un homme convenable… un fantasme de la possibilité de changer l’autre par la force seule de ses sentiments qui parlera à de nombreuses personnes désespérément enamourées. Les intrigues faites de sacrifices et épreuves en tous genres évoquent des rites de passage à l’âge adulte qui s’adressera particulièrement à ce public adolescent si prisé par le marketing : un public connecté, ouvert à des phénomènes transmédia avec des œuvres qui transcendent le statut de livre ou film.

Dommage que de nombreuses adaptations ne se montrent pas à la hauteur de l’œuvre, ou que les livres choisis par les studios ne soient, à la base, pas des parangons de qualité littéraire. On retrouve de plus en plus de sagas bâclées dès le premier opus : effets spéciaux douteux, dialogues inexistants, intrigue terriblement prévisible au détriment du scénario d’origine, rythme inégal, personnages fades. Mais il est possible que l’industrie du cinéma se reprenne et fasse l’effort de respecter tant les auteurs que les spectateurs. Les premiers retours sur « Hunger Games : L’embrasement » suggèrent un film bien plus travaillé que son prédécesseur. Il semblerait que le filon de l’adaptation ait encore de beaux jours devant lui.

@Eowenn

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