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Romain Duris, le génie jeune

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Assurément l’un des acteurs les plus doués de sa génération, Romain Duris fait une nouvelle fois étalage de son talent dans Cessez-le-feu, où il interprète un héros de la Grande guerre. Retour sur la carrière pavée de succès du jeune premier du cinéma français.

De nombreux spectateurs se sont forcément reconnus dans le personnage de Tomasi, adolescent incandescent en pleine force de l’âge et en quête de liberté dans Le Péril jeune, de Cédric Klapisch, son premier rôle au cinéma en 1994.

Au début des années 2000, beaucoup ont été envieux de Romain Duris dans L’Auberge espagnole, alors dans la peau de Xavier, l’étudiant Erasmus parti un an dans la capitale catalane perfectionner son espagnol mais aussi croquer la vie à pleine dents.

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D’autres ont été admiratifs d’Alex Lippi, beau gosse, briseur de couples professionnel, et accessoirement capable de reproduire la fameuse danse de Dirty Dancing pour arriver à ses fins.

Une chose est sûre, la quantitative, et qualitative, carrière de Romain Duris, jalonnée de succès et de films cultes, ne laisse personne indifférent, et l’acteur de 42 ans continue d’attirer les foules au cinéma.

Un début de carrière en fanfare

Jeune, Romain Duris ne se prédestinait pas au métier d’acteur. Après avoir obtenu son bac, il s’oriente vers les Arts appliqués puis vers la musique. C’est par hasard qu’il est repéré dans la rue par le directeur de casting de Cédric Klapisch, qui lui offre son premier rôle en 1994 dans Le Péril jeune, deuxième film de celui qui deviendra son réalisateur fétiche, peinture générationnelle où il croise les débutants Vincent Elbaz et Hélène de Fougerolles. Grâce à son succès, le téléfilm pour Arte, où Duris interprète le marginal Tomasi, se paie une sortie en salles deux ans plus tard. Il tourne ensuite dans le premier long-métrage d’Olivier Dahan, le téléfilm Frères : La Roulette rouge, puis son style de mauvais garçon faisant fureur, devient rapidement très demandé : par Jan Kounen dans Dobermann, Olivier Dahan une nouvelle fois dans Déjà Mort et Tony Gatlif dans Gadjo dilo. Son interprétation lui vaut une nomination au César du meilleur espoir masculin en 1999.

Les années 2000 et l’envol

Le nouveau millénaire ne coupe pas les ailes de Romain Duris, qui continue sur sa belle lancée et voit une année 2002 prolifique (six films) marquer le premier tournant dans sa carrière. Le grand succès critique et populaire de L’Auberge espagnole (plus de 2 700 000 entrées), réalisé par Klapisch, fait changer l’acteur de statut. Il enchaîne ensuite les premiers rôles dans Arsène Lupin et séduit dans De battre mon cœur s’est arrêté, de Jacques Audiard, pour lequel il obtient la première de ses trois nominations au César du meilleur acteur. La même année, il continue son histoire d’amour avec Klapisch et tourne dans la suite de son aventure barcelonaise, Les Poupées russes, qui dépasse son prédécesseur au niveau des entrées hexagonales.

Il retrouve ensuite Christophe Honoré avec Dans Paris, Klapisch toujours avec Paris et se glisse dans le costume de Molière, en 2007.

Un César qui lui échappe encore

La suite, c’est une carrière qui continue sur un rythme effréné et ne faiblit jamais : une nouvelle nomination au César du meilleur acteur pour la comédie de Pascal Chaumeil L’Arnacœur, une première expérience dans le doublage avec Raiponce des studios Disney, un rôle dans l’adaptation de L’Écume des jours de Michel Gondry et le troisième volet des aventures de Xavier avec Casse-tête chinois en 2013. L’année suivante, il tourne pour la première fois pour François Ozon dans Une nouvelle amie. Nouvelle sollicitation par l’Académie des César, mais malheureusement nouvel échec pour Romain. Il apparaît en 2016 dans le dernier film de Pascal Chaumeil, réalisateur de L’Arnacœur disparu un an avant sa sortie. Vu récemment dans Iris et La Confession, le comédien revient avec Cessez-le-feu, où il campe un ancien soldat essayant de se reconstruire après les horreurs de la Grande guerre. Un rôle à César, assurément.

Article publié le 19 avril.