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L’héritage : entre appât du gain et retour aux racines

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Quand on parle d’héritage, les sommes d’argent en jeu peuvent vite faire passer le chagrin d’avoir perdu un être cher au deuxième plan. C’est bien sur ce paradoxe que s’appuient les comédies qui ont osé se risquer sur ce terrain glissant. Mais cela livre également parfois de magnifiques drames comme seul le cinéma sait nous les offrir.

Les Trois Frères de Bernard Campan et Didier Bourdon

Trois frères qui ignorent tout l’un de l’autre, leur mère décédée à l’autre bout du monde, un héritage de 3 millions qui se volatilise, un petit garçon livré à lui-même… Sur le papier, le scénario avait tout pour être un film bien déprimant. C’était sans compter sur le talent d’écriture des Inconnus et leur force comique dans l’incarnation des personnages. Ajoutez à cela des répliques aujourd’hui cultes (“Cent patates !”), vous obtenez un succès du cinéma comique made in France, qui a réalisé près de 7 millions d’entrées, décroché le César du meilleur premier film et connu une suite en 2014 !

Case départ de Lionel Steketee, Thomas N’Gijol et Fabrice Eboué

Il n’est pas question de se partager la fortune d’un aïeul dans le récit de Case départ, le long métrage réalisé par Lionel Steketee et ses deux premiers rôles Fabrice Eboué et Thomas N’Gijol en 2011. Pourtant, toute l’histoire du film tient au fait que les deux héros ne prennent pas au sérieux l’héritage reçu de leur père : l’acte d’affranchissement de leurs ancêtres, esclaves sous l’Ancien Régime. En punition, ils se retrouvent projetés en 1780, où ils vont faire face aux mauvais traitements infligés par les colons blancs. Cette aventure leur apprendra, à leurs dépens, l’importance de l’héritage qu’on leur a transmis.

Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Brad Silberling

Bien avant que Netflix ne remette au goût du jour les mésaventures de ces jeunes héritiers, c’est sur grand écran que la série de romans de Lemony Snicket a connu sa première adaptation, en 2004. Violette, Klaus et Prunille Baudelaire sont persécutés par le méchant comte Olaf, sous les traits de Jim Carrey. Le caméléon du cinéma a pris un plaisir manifeste à se glisser dans les déguisements les plus dingues de ce personnage, prêt à tout pour accaparer la fortune dont les enfants Baudelaire ont hérité à la mort de leurs parents. Malgré le succès au box-office et la bonne volonté affichée de Jim Carrey, les suites prévues n’ont jamais vu le jour…

L’Héritage de Gela Babluani, Témur Babluani

L’Héritage est le premier film français de Temur Babluani, réalisateur géorgien qui a marqué l’histoire du cinéma soviétique dans les années 1980, et de son fils Gela Babluani, également connu pour avoir réalisé le film 13 Tzameti. Ce road movie raconte le parcours de trois Français héritiers d’un château abandonné en Géorgie, qui font la rencontre d’un petit garçon et de son grand-père empêtrés dans un règlement de comptes familial. Stanislas Mehrar et Sylvie Testud portent les premiers rôles d’une œuvre touchante et originale, qui permet aux réalisateurs de filmer de magnifiques paysages géorgiens et de poser un regard contemporain sur la dureté d’un pays ancré dans ses traditions.

La Monnaie de leur pièce d’Anne Le Ny

La voix off de François Morel donne le ton dès le début de la bande-annonce : La Monnaie de leur pièce, sous ses airs de comédie grand public, révèle un scénario décalé sur fond de vieilles histoires de famille liées à l’héritage de la tante Bertille. Les acteurs bankables du moment, Julia Piaton et Baptiste Lecaplain, jouent les jeunes premiers dans ce long métrage réalisé par Anne Le Ny, qui avait déjà signé un joli succès avec Les Invités de mon père. Après avoir dirigé Fabrice Luchini, Karin Viard et Vanessa Paradis, la réalisatrice, également comédienne, offre des rôles savoureux à deux grandes actrices populaires : Anémone et Miou-Miou, impeccables et hilarantes.

Article publié le 10 janvier.