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Les entreprises délirantes

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Surfant sur les succès populaires de Babysitting 1 & 2, Philippe Lacheau et sa bande récidivent avec Alibi.com, en salles le 15 février. Ici, les trois lurons se spécialisent dans l’élaboration d’alibis pour leurs clients peu scrupuleux. Une entreprise délirante, parmi d’autres déjà aperçues au cinéma.

Entremetteur professionnel : Hitch d’Andy Tennant (2005)

Parce qu’on n’a pas tous la bouille de beau gosse de Will Smith – ni sa carrure d’ailleurs –, un petit coup de pouce est parfois nécessaire pour trouver l’amour. Albert Brennaman (Kevin James) rentre dans cette catégorie. Enrobé et maladroit, le comptable, dont la confiance en soi s’est envolée depuis un moment, est loin d’être un tombeur… Mais le bon bougre ne désespère pas de conquérir la belle Allegra. Il va alors placer ses espoirs sur Alex Hitchens, alias Hitch, coach en amour à son compte, spécialisé dans les techniques de drague en tout genre.

Casseur de couple : L’Arnacœur de Pascal Chaumeil (2010)

Oui, Alex a beaucoup en commun avec Hitch, cité précédemment. En effet, les deux séducteurs invétérés touchent leur bille lorsqu’il s’agit d’attirer la gente féminine dans leur lit. En revanche, leurs motivations diffèrent. En sa qualité de casseur de couple, Alex, épaulé par sa sœur et son beau-frère, séduit pour mieux briser. Généralement approché par la famille mécontente du nouvel arrivant au sein de leur sphère privée, le professionnel a pour mission de détourner la jeune fille en question de son imparfait amant. Sorti en 2010, L’Arnacoeur, avec Romain Duris en homme fatal et Vanessa Paradis en beauté inaccessible, valut la première de ses quatre nominations aux César à François Damiens. Et ça, ça n’a pas de prix.

Éboueur de souvenirs : Vice Versa de Pete Docter (2015)

Mais pourquoi les trois notes, agaçantes au possible, de la pub pour ces délicieuses céréales chocolatées vous reviennent en tête pendant cet entretien d’embauche ? Comment se fait-il que vous vous souveniez mot pour mot de la chanson des Minikeums, que vous écoutiez à l’âge de 12 ans ? La réponse se trouve peut-être au sein-même de votre esprit. Ici, comme avec la jeune Riley, héroïne du brillant Vice Versa, cohabitent diverses factions chargées de veiller sur nos émotions. Parmi elles, les éboueurs de souvenirs, dont la mission est de ne pas encombrer l’esprit avec de la mémoire inutile, mais aussi de conserver et classer nos réminiscences les plus importantes… ou pas. “Mélissaaaaa, non ne pleure pas, ohou ohou oh…”

Hôtel de rencontres : The Lobster de Yórgos Lánthimos (2015)

Dans une société où seuls les couples sont tolérés, les célibataires sont pourchassés sans relâche. Une fois arrêtés, les contrevenants sont placés au sein d’un hôtel, où ils ont 45 jours pour trouver l’âme sœur. Sinon ? Ils sont transformés en l’animal de leur choix. Pour David (Colin Farrell), quitté par sa femme il y a peu, ce sera un homard. À moins qu’il ne parvienne à se lier à une résidente de l’hôtel, aidé par le personnel. Organisation de bals, conférences sur les comportements de couple, mais aussi soutien contre la frustration sexuelle et milice anti-masturbation sont au programme au sein de l’établissement. Délicieuse dystopie absurde et pince-sans-rire réalisée par le Grec Yórgos Lánthimos, The Lobster est en course pour l’Oscar du meilleur scénario original, et le contraire aurait été absurde.

giphy

 Créateur d’alibi : Alibi.com de Philippe Lacheau (2017)

Dissimuler une infidélité à sa moitié, privilégier un match au Parc des Princes avec ses potes au dîner avec sa belle-famille, simuler une grippe carabinée au boulot pour s’envoler au soleil… Attention toutefois, le mensonge est parfois un art. Un art qui mérite rémunération selon Greg, Augustin et Medhi, experts ès élaboration de couverture. Dans la dernière folie signée Philippe Lacheau, les trois associés décident de mutualiser leurs talents pour fonder Alibi.com, lucrative société dont la morale n’est pas inscrite dans la convention collective. Mais la belle situation de Greg menace de s’effondrer lorsqu’il rencontre Flo, allergique aux menteurs et dont le beau-père volage n’est autre que l’un des clients de l’entreprise.

Article publié le 15 février.