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Le cannibalisme sur grand écran

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Premier film de la cinéaste Julia Ducournau, Grave explore un thème peu abordé par le cinéma tricolore : le cannibalisme. Retour, en cinq points, sur ces longs métrages, où des gens en mangent d’autres.

Soleil vert de Richard Fleischer (1973)

Dans cinq ans, les ressources naturelles seront épuisées et les populations défavorisées ne disposeront pour leur survie que du Soylent Green, sorte de pastille verte élaborée par la multinationale Soylent, remplaçant la nourriture classique devenue hors de prix. Futur proche pour nous, cette dystopie n’est autre que le pessimiste dessein imaginé en 1973 par le film d’anticipation Soleil vert. Dans un New York étouffé par la surpopulation et la canicule permanente, le détective Thorn, interprété par Charlton Heston, amené à enquêter sur le meurtre d’un dirigeant de Soylent, va découvrir le terrible secret de la société agroalimentaire.

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Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato (1980)

Mais qu’est-il advenu de cette équipe de journalistes, partie au cœur de la jungle amazonienne réaliser un documentaire sur de véritables cannibales ? Ce sanglant mystère sera élucidé par une expédition de sauvetage, ayant réussi à mettre la main sur les pellicules des malheureux reporters.

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Ancêtre du « found footage » (désigne la récupération de métrages de pellicules impressionnées ou de bandes vidéos dans le but de fabriquer un autre film, ndlr), popularisé à la fin des années 1990 avec Le Projet Blair Witch, Cannibal Holocaust fit polémique à sa sortie pour plusieurs raisons : le meurtre de vrais animaux ainsi que sa violence graphique, d’un réalisme tel que le réalisateur dut prouver qu’il ne s’agissait pas d’un « snuff movie » (film clandestin qui met en scène la torture et le meurtre d’une ou plusieurs véritables personnes, ndlr), et que ses acteurs étaient bel et bien en vie. Un harassant spectacle qui tranche avec ce générique d’ouverture inoubliable, magnifié par les cordes de Riz Ortolani.

 

Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (1991)

Les temps sont durs dans cet immeuble d’un quartier populaire français, où le temps semble s’être arrêté. Ici cohabitent une galerie d’étranges habitants aux occupations farfelues, allant du fabriquant de boîtes à meuh à l’éleveur de grenouilles, en passant par le clown à la retraite converti en gardien d’immeuble. Tous se fournissent en viande chez le boucher-charcutier de Delicatessen, sans réelle certitude concernant la provenance des mets.

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Pour son premier film, Jean-Pierre Jeunet impose déjà son style reconnaissable parmi mille, qui lui valut une pluie de nominations lors de la cérémonie des César 1992, avec quatre statuettes récoltées, dont Meilleur premier film.

Le Silence des agneaux de Jonathan Demme (1991)

Son prénom rime, aussi bien littéralement que dans l’imaginaire collectif, avec cannibale. Hannibal Lecter, éminent psychiatre campé par l’inquiétant Anthony Hopkins, demeure le plus fier représentant des anthropophages. Le raffinement en plus, conféré par son niveau d’éducation, qui se matérialise dans son assiette.

Première des quatre adaptations de la tétralogie de l’écrivain Thomas Harris, Le Silence des agneaux est le troisième et dernier film à avoir décroché les cinq Oscars majeurs (film, réalisateur, actrice, acteur, scénario), après New York-Miami (1934) et Vol au-dessus d’un nid de coucou (1975).

Grave de Julia Ducournau (2017)

Présenté en fin d’année 2016 au Toronto International Film Festival, Grave a fait son petit effet. Plutôt bien accueilli par la critique, le long-métrage de Julia Ducournau a également remué une partie des spectateurs, provoquant malaises et évanouissements. En cause, son thème, présentant la métamorphose de Justine, végétarienne en école de véto, qui va voir son régime alimentaire se métamorphoser après un bizutage assez cru.

Le film choc, à découvrir au cinéma à partir d’aujourd’hui, cumule déjà plusieurs récompenses, dont le Grand Prix du Jury et le Prix de la Critique au Festival international du film fantastique de Gérardmer.

Article publié le 15 mars.